AMICALE VÉTÉRINAIRE BADE-ALSACE
Les Origines
L'Amicale Vétérinaire Bade-Alsace (AVAB) est une section de l'Association France-Allemagne Vétérinaire (FAV) / JORF du 22 juin 1974; elle est née de la farouche volonté de deux confrères, européens dans l'âme, les docteurs André DESBOIS à F-Seurre & Horst HAGENLOCHER à D-Eutingen.
Lors de cette création, les deux initiateurs ont pu compter sur l'appui de nombreux confrères alsaciens et badois animés du rejet de tout esprit de ressentiment et conscients de la nécessité de s'engager -dans le cadre de relations professionnelles, personnelles et amicales- dans la voie de la compréhension réciproque, du contact et du dialogue, le Rhin ne devant plus être considéré comme une frontière mais bien comme un solide trait d'union entre les deux peuples.
La fondation officielle de l'AVAB a eu lieu le 9 octobre 1976 à Baden-Baden (D). L'AVAB fonctionne sous l'égide d'un règlement intérieur dont les grandes lignes se rapprochent des statuts de l'organisation-mère. Des rencontres entre les sections alsacienne et badoise sont organisées deux fois par an, en alternance, en Alsace et dans le pays de Bade. Une disposition propre à la section alsacienne de l'AVAB : l'allocation d'une bourse à un étudiant vétérinaire alsacien s'engageant à effectuer un stage dans une unité d'enseignement vétérinaire en République Fédérale d'Allemagne.
L'actuel président de la section alsacienne (et co-président) de l'AVAB est le Dr Pierre HAAS, président-délégué de FAV. Le secrétaire est le Dr André HEINRICH, contrôleur général honoraire des services vétérinaires.
LES RENCONTRES
Printemps 2006 : Région d'Obernai
Automne 2008 : Le Taubergiessen
Printemps 2009 : Fribourg-en-Brisgau
Rencontre de printemps 2005 en pays de Bade
Si les visiteurs des monuments en Bade se
comptent par milliers, ils sont légion ceux qui passent en coup de vent
devant ces lieux, témoins d'une riche histoire! Combien sont-ils encore
à emprunter les chemins de l'insolite ' Je rangerai parmi ces derniers
la quarantaine de nos membres qui, le samedi 4 juin 2005, se
retrouvèrent près de Fribourg pour visiter en toute quiétude, sous la
houlette du sympathique Dr Edgar von Cramm, président de l'AVAB
(section badoise), le site d'une ancienne chartreuse à Fribourg-Est,
ainsi qu'un château rococo à Ebnet, la journée se terminant par un
repas aux asperges au restaurant "Löwen" à Ebnet.
1/ L'ancienne chartreuse
(Kartaus)
Ecoutons notre
sympathique guide, Mme Eva-Maria Schüle. A la question de savoir si les
imposants bâtiments situés en bordure de l'ancienne route menant de
Fribourg à Ebnet et abritant aujourd'hui une maison de retraite et de
soins pour personnes âgées étaient ceux de la chartreuse, la réponse
sera négative, la plupart des édifices de ce monastère construit en
1346 ayant été détruits pendant l'hiver 1780 à la suite d'un incendie
d'origine accidentelle.
C'est à l'altier chevalier Johannes Schnewlin, maire de Fribourg et
propriétaire du complexe minier du Münstertal (argent, plomb) que
revient le mérite (!) de la fondation du monastère en 1346... pour le
seul salut de son âme et de celle des membres de sa clique se
complaisant dans la pire des débauches et vivant de rapines, tentant
par ce biais de soulager sa propre conscience. Le prieur de Bâle,
consulté par le sieur Schnewlin pour le choix d'un lieu d'implantation
du futur monastère, lui indiquera la pente ensoleillée du Johannisberg,
un site proche du Ottilienberg (avec chapelle et source miraculeuse),
choix non fortuit si l'on veut se souvenir de la grande dévotion que la
sainte patronne de l'Alsace portait à celui qui baptisa le Christ.
La chartreuse regroupait derrière
ses hautes murailles, les cellules des moines (une dizaine, selon la
guide) avec leurs jardinets privatifs, le cloître, l'église et la
maison du père-prieur, les moines menant une vie contemplative suivant
les règles édictées par saint Bruno (1030-1101). La chartreuse était
dans les bonnes grâces de la ville de Fribourg et de son conseil,
ceux-ci allant même jusqu'à interdire la capture des petits oiseaux
dans les forêts alentour, à lui allouer en 1381 une glaisière destinée
à l'entretien des fours à pain, et même à lui accorder en 1468 le droit
d'installer des étangs de pêche. Après la fondation en 1457 de
l'Université de Fribourg, des liens étroits d'échanges d'idées (sur les
plans culturel et scientifique) et de réelle amitié se tissèrent entre
les universitaires et les chartreux.
Gregor Reisch, le plus connu des
chartreux, après des études universitaires (à partir de 1487) et son
accession à la dignité de magister en philosophie, entra au cloître en
1500. Son oeuvre, La Margarita Philosophica le rendit célèbre. Il
fréquentera à Fribourg les grands humanistes de l'époque dont Ulrich
Zasius, Erasme de Rotterdam, Hans Eck, etc... Reisch était un grand ami
de l'empereur Maximilien, ce dernier le priant même de l'assister à
l'article de la mort. Grâce à son pragmatisme, ce moine réunira le
financement nécessaire à la construction d'un canal de dérivation
devant alimenter un moulin et une scierie. Le temps aidant, le
monastère deviendra le refuge pour bon nombre d'hommes de lettres dont
certains d'ailleurs finiront par rejoindre la communauté monacale.
En 1753, un sérieux différent éclate entre le père-prieur et ses
moines, ces derniers jugeant inopportune l'installation, dans
l'enceinte même de la chartreuse, d'un complexe d'immeubles appelé
"Edifice des Prélats"et dont la construction s'étalera de 1753 à 1756.
La chartreuse est en grande partie
détruite par un incendie au cours de l'hiver 1780. En 1782, sur
décision du conseil de gouvernement, le couvent des chartreux est
supprimé... alors qu'il comptait encore 4 pères et 8 frères. A la
faveur d'une vente aux enchères en 1783, le couvent est attribué au
baron Antoine de Bade qui achèvera la construction (en style baroque)
de l' "Edifice des Prélats". En 1830, la propriété passe entre les
mains du baron Bruno de Türckheim puis en 1879, c'est un hollandais
fortuné qui en fait l'acquisition; au décès de ce dernier en 1894,
c'est au tour de la ville de Fribourg de s'en porter (enfin) acquéreur,
celle-ci prenant toutefois le soin de confier l'ensemble (immeubles,
terres, forêts) à la fondation de l'Hôpital du Saint-Esprit. Après deux
années d'importants travaux l'institution fera désormais office
(toujours sous le nom de Kartaus) de maison de retraite et de soins
pour personnes âgées, n'y étant admis que les sujets ayant résidé à
Fribourg.
Un des premiers pensionnaires de la Kartaus sera le très dynamique et ancien curé de la paroisse fribourgeoise Saint-Martin. Ce personnage, haut en couleurs, car homme d'église, poète populaire, député du Landtag (diète), promoteur du folklore local (vallée de la Kinzig), etc., vivra sa retraite de 1897 à 1913... dans les somptueux appartements jadis occupés par le père-prieur. L'hospice se dotera également d'une grande ferme, d'une auberge, d'ateliers divers et d'une conciergerie (toutes activités aujourd'hui supprimées). Le parc, les vastes potagers et les jardins médicinaux ont par contre été conservés et sont toujours soigneusement entretenus.
La chartreuse de Fribourg - Vue sur le jardin médicinal (cliché André Heinrich) - Au fond, derrière le mur, le clocheton coiffant le toit "Jugenstil" de la centrale hydro-électrique située en contre-bas.
Le moulin disparaît dans un incendie en 1892 alors que les installations de la scierie sont démontées en 1899. En 1908, une centrale hydro-électrique (construction de style Art nouveau/Jugend stil) est aménagée sur l'ancien canal de dérivation; fonctionnelle, elle est toujours en activité. En 1940, l'exploitation de l'auberge est arrêtée. La ferme, avec son train de culture de 24 ha n'est plus exploitée depuis 1970. Quant à la conciergerie, elle sert en partie de logement et de travail à des théologiens catholiques, alors que depuis 1973, son sous-sol est aménagé en distillerie artisanale. En 1969, un nouveau foyer (médicalisé) pour personnes âgées - le johannisheim - est venu compléter utilement les structures existantes. Quant à la gestion de cette importante unité à vocation essentiellement caritative, elle est assurée par l'Administration générale des fonsations, un service de ville de Fribourg.
2/
Le château d'Ebnet
Le château
d'Ebnet - facade côté jardins
- Dessin de Tilman Schärf, Worms
Cette splendide maison de maître
construite en style rococo vers la moitié du XVIIIe siècle, trône avec
ses nombreuses dépendances (chapelle castrale, oratoire, grange
dimière, manège couvert, etc...) au milieu d'un ravissant parc arboré
d'environ 5 ha.
Le maître de céans, le baron
Nicolas von Gayling-Westphal, après nous avoir accueilli avec déférence
et dit combien il se réjouissait de recevoir ce groupe de visiteurs
vétérinaires et parmi eux bon nombre venus d'Outre-Rhin (car comme
leurs illustres ancêtres d'ailleurs, les Gayling se disent "être restés
Alsaciens et de coeur et d'esprit"), nous présente avec verve et
enthousiasme l'historique des lieux et de celui de sa famille.
La résidence est située à l'entrée ouest d'Ebnet -lieu que les
chroniqueurs mentionnent dès le début du XIIe siècle - au confluent des
rivières Eschbach et Dreisam, à l'emplacement d'un château fortifié
entouré d'un étang (Weiherschloss). Cette demeure, qui avait appartenu
successivement au duc Berthold III von Zahringen, au chevalier Johannes
Schnewlin (cf. infra, historique de la Kartaus) puis aux chevaliers
d'empire Frantz et Friedrich von Sickingen (famille de notables
influents de Fribourg), sera démantelée par les troupes françaises en
1644. A sa place sera construit, en 1696, une modeste maison de
campagne, sous l'impulsion de Maria Franciska von Sickingen, l'épouse
du défunt Frantz Ferdinand von Sickingen, maire de Fribourg; l'étang
existant sera asséché puis aménagé en parc et jardins. C'est le fils de
ces derniers, Ferdinand Sebastian von Sickingen qui, en 1739, engage
sur la maison de campagne d'importants travaux d'agrandissement et
d'embellissement, la transformant en une véritable demeure princière et
s'entoure, pour ce faire, des grands artistes de l'époque, à savoir les
architectes Johann Jacob Fechter et Simon Schratt, les peintres
Christian Wenziger, Johann Pfunner, Johannes William et Giovanni
Baptista Tiepolo, les stucateurs Hans Georg Gigl et Anton Frantz Vogel,
les spécialistes du plafond peint Benedict Gambs, Johann Pfunner et
Johann Evangelist Holzer. L'ensemble (château, dépendances, parc) est
inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques.
La fin de l'apogée des Sickingen survenant en même temps que le déclin de la domination des Habsbourg en Autriche antérieure (Haute-Alsace et Allemagne du sud-ouest), le comte Wilhelm von Sickingen-Hohenbourg, un neveu de Ferdinand Sebastian von Sickingen, avant de se retirer à la cour impériale à Vienne, cédera sa propriété au grand duc Carl Friedrich von Baden pour la somme de 500.000 florins. Et Ebnet verra s'installer de nouveaux propriétaires, les barons alsaciens Gayling von Altheim. C'est en 1811 que le petit-fils de Carl Friedrich von Baden -le grand duc Carl von Baden- se débarrassera du château d'Ebnet au profit de son vassal et proche collaborateur le baron Christian Gayling von Altheim. La lignée des Gayling qui comptait des baronnies en Basse-Alsace, en Franconie et en Souabe -et dont le siège patrimonial se trouvait à Bueswiller près de Bouxwiller (Bas-Rhin)- obtenait du roi louis XV, en 1773, la confirmation de son baronat en France.
Buswiller,
l'ancien château Gayling et l'église protestante - Aquarelle de Willy Kuhn, Ingwiller, 1988 -
Collection du château d'Ebnet
La branche mâle de cette famille
noble s'éteindra avec le baron Heinrich Gayling von Attheim
(1847-1940), chambellan et président d'une coopérative d'élevage du
cheval en Forêt-Noire. Son arrière petit-fils dans la branche féminine,
le baron Nicolas von Gayling-Westphal (notre remarquable guide de ce
jour) est depuis 1975 le 26ème maître sur Ebnet.
De fin janvier 1629 à fin décembre
1793 (Révolution française), la ville de Bouxwiller, la Motherburg à
Niedermodern, la maison Gayling rue des Veaux (Kalbsgasse) à Strasbourg
et le village de Bueswiller ont été la patrie de cette famille, venue
d'Altheim près de Baben-hausen (Pays de Hesse en RFA), pour s'installer
dans le comté de Hanau-Lichtenberg (Basse-Alsace), au service du
dynaste régnant alors sur cette région.
On rapporte que les Gayling étaient "de bons alsaciens et de bons
maîtres". Ils uniront leur destinée à celles des nobles de la
chevalerie alsacienne tels les Sultz, Böcklin von Böcklinsau,
Fleckenstein, Wurmser von Vendenheim, Berstett, Mittlehausen et
Oberkirch.
Dans la petite église luthérienne
de Bueswiller que les Gayling choisirent comme leur lieu de sépulture,
sont conservés les monuments funéraires, ainsi que six épitaphes des
membres de la famille Gayling von Altheim, les seigneurs de la localité
où ils construisirent leur château en 1740, château qui,
malheureusement, tomba sous la pioche des démolisseurs jacobins en
1793, et dont il ne subsiste aujourd'hui que quelques rares vestiges !
André HEINRICH
Date : samedi 2 octobre 2005 - Participants : une trentaine -
Organisateurs: Pierre Haas, André Heinrich, Patrice Robert - Trois
étapes au programme : Mulhouse (Musée de l'impression sur étoffes) /
Eguisheim (Circuit pittoresque) / Wettolsheim (Restaurant "la
Palette").
1/ Mulhouse
C'est une cité à l'histoire
singulière, faite de bouleversements, de capacité d'innovation et de
création. A partir du XIIe siècle, l'Alsace a connu un développement
urbain d'une grande ampleur qui marquera fondamentalement sa géographie
et son histoire. De cette forte tradition, la ville de Mulhouse offre
sans doute l'exemple extrême et ce, à deux titres : elle est la ville
alsacienne qui a su affirmer de la manière la plus résolue et la plus
durable l'esprit d'indépendance; elle est également celle qui a
manifesté une croissance dont l'étendue et la rapidité sont restées
uniques dans la région.
Si, avec ses 223.856 habitants, l'agglomération de Mulhouse est
aujourd'hui la deuxième ville d'Alsace derrière celle de Strasbourg
(avec ses 389.480 hab.), elle est par contre loin d'occuper le même
rang du point de vue architectural ou artistique. Certains guides
iraient jusqu'à prétendre "qu'elle n'a pas vraiment le cachet alsacien"
! Personnellement, je suis loin de partager cette opinion.
Mentionnée déjà au VIIIe siècle sous Mulenhusen (maison du moulin),
Mulhouse n'apparaît dans l'histoire qu'au XIIe siècle, dépendant alors
de l'évêque de Strasbourg. Par la suite, les Hohenstaufen
transformeront la ville en la fortifiant en 1222, lui conférant ainsi
le titre de "civitas". Le grand interrègne (1254-1262) permet à
l'évêque de Strasbourg de reprendre la ville et d'y édifier un château.
Les bourgeois, aidés par Rodolphe de Habsbourg, se libéreront de cette
tutelle en rasant le château en 1262. En 1308, Mulhouse devient ville
impériale et adhère en 1354 à la Décapole.
Le XIVe et plus encore le XVe siècle constitueront une époque de luttes
incessantes, d'abord contre la noblesse du voisinage et surtout
contre... les Habsbourg, dont les territoires encerclaient la ville. En
1466 Mulhouse signe une alliance avec Berne et Soleure (adversaires des
Habsbourg) et en 1506, passe une convention avec Bâle. En 1515, la
Confédération helvétique reconnaissant à Mulhouse le statut d'alliée,
celle-ci sortira de la Décapole, ce départ étant compensé par
l'adhésion de Landau (Palatinat).
La Réforme s'imposa dans la ville entre 1523 (Ulrich Zwingli) et 1529
(Calvin) et en fit une enclave non plus seulement politique mais aussi
religieuse, ses habitants étant tenus à des règles de vie très
strictes; l'esprit calviniste agira aussi comme "catalyseur" du
développement industriel en inspirant des initiatives pionnières en
matière sociale et culturelle. Comme les autres confédérés, Mulhouse
est devenue en 1521, l'alliée de la France.
A la fin du XVIe siècle Mulhouse était une petite cité d'environ 2.000
habitants et de 33 ha de superficie (vivant de l'agriculture, du
vignoble et de l'artisanat), implantée sur l'Ill en amont de sa
confluence avec la Doller, dans une dépression humide, au pied des
collines constituant les dernières avancées du Sundgau. Pendant la
guerre de Trente Ans, restée neutre durant le conflit, Mulhouse
réussira à s'enrichir en s'ouvrant au commerce régional; devenue en
1648 une enclave dans les terres françaises, elle peut enfin entretenir
de bonnes relations avec son voisinage. Îlot de paix et de prospérité,
Mulhouse dispose d'atouts lui permettant son décollage économique : des
capitaux grâce au commerce, de la main d'oeuvre grâce au monde rural,
la religion calviniste lui conférant une morale faite d'efforts et de
persévérance. En 1746, quatre jeunes Mulhousiens (Koechlin, Schmaltzer,
Dollfus et Feer) fondent une manu-facture d'impression sur tissus
produisant des "indiennes", alors très en vogue. En 1798, on compte 26
fabricants et 6.000 habitants. Mulhouse profitera, après la révocation
de l'Edit de Nantes, de l'exode massif des Huguenots qui contrôlaient
une grande partie de l'indiennage français. Ce succès provoquera la
réaction des concurrents, notamment haut-rhinois qui réussirent en 1792
à instaurer un véritable blocus douanier de la ville : cette mesure
décidera les Mulhousiens à voter, le 4 janvier 1798, leur adhésion à la
France.
Une ère nouvelle commençait qui, en quelques décennies, allait faire de
Mulhouse le "Manchester francais", la ville aux cent cheminées, la
capitale industrielle de l'Alsace. A partir de l'impression textile se
développèrent la filature et le tissage, puis ces industries
complémentaires que sont la chimie et la mécanique. Le nombre
d'habitants atteindra les 60.000 en 1870 et 105.000 en 1914.
La population ouvrière, qui connaît des conditions de vie dramatique au
début du XIXe siècle, voit progressivement son sort s'améliorer grâce a
une politique volontariste animée par la Société industrielle de
Mulhouse (SIM) qui regroupe depuis 1826 les industriels les plus
dynamiques. La construction des cités ouvrières, à partir de 1854, est
un des symboles les plus marquants de ce phénomène. La SIM adjoignit à
cette substantielle mission un rôle d'animatrice dans les domaines
intellectuel et artistique avec l'ouverture de musées, et éducatif avec
la création d'écoles de chimie, de tissage ou de commerce. Dès 1857, la
SIM contribua à doter Mulhouse d'un Musée du dessin industriel,
l'ancêtre de l'actuel Musée de l'impression sur étoffes (MIE) puis
d'une dizaine d'autres musées, d'un parc zoologique, etc. Rappelons que
Mulhouse possède aujourd'hui le pôle de musées techniques le plus
important d'Europe.
Depuis 1975, la ville accueille l'Université de Haute-Alsace qui
privilégie les formations aux métiers de haute technologie et
entretient la pérennité de ce qu'on appelle le modèle mulhousien né de
l'étroite liaison entre formation, recherche et industrie.
Le Musée de l'impression sur étoffes (MIE) est installé dans un
bâtiment prestigieux construit par la SIM vers 1883, assorti d'une
entrée triomphale débouchant sur un escalier monumental. Issu de
collections rassemblées dès 1883 (3 millions d'échantillons et de
dessins préparatoires et plus de 50.000 documents textiles... Nous
avons eu l'insigne privilège de pouvoir pénétrer dans le Saint des
saints et admirer une partie de ces merveilles !) et profondément
restructuré en 1996, le MIE est à la fois le plus vieux et le plus
récent des musées mulhousiens. Il s'est doté d'équipements modernes et
de structures indispensables pour assurer au mieux sa vocation, soit
celle de mettre en valeur un patrimoine textile exceptionnel. Précieux
témoignage de près de trois siècles de créativité humaine, sa présence
à Mulhouse comme l'importance de ses précieuses collections sont liées
au développement du Sud-Alsace.
Musée de
l'impression sur étoffes à Mulhouse
2/ Eguisheim
C'est un grand nom en Alsace.
C'est un menhir sur lequel s'inscrivent en caractères runiques
d'augustes souvenirs de l'histoire de l'Alsace. Il évoque l'ancienne
race des Etichonides, race qui a donné des souverains à la France et à
l'Allemagne, des ducs à la Lorraine et à l'Alsace, des margraves au
pays de Bade... Eguisheim, c'est comme une cloche qui résonne à travers
les siècles, portant ses vibrations vers les trônes d'Europe, vers les
clochers de couvents et d'abbayes... et jusqu'à la coupole de
Saint-Pierre !
Les participants, malgré un crépuscule naissant, eurent tout loisir
pour emprunter les rues circulaires de ce vieux bourg viticole qui
suivent la trace des remparts et qui permettent l'une des plus jolies
visites alsaciennes, dans un pittoresque décor 'à la Hansi' où l'on
flâne parmi les fontaines renaissance, les maisons à oriel et à pans de
bois (encore généreusement fleuries) ou les cours profondes à larges
auvents.
Les vestiges du château - construit au XIIIe siècle par l'évêque de
Strasbourg a l'emplacement de l'antique castel bâti vers 720 par un
Etichonide, le comte Eberhardt, petit-fils d'Adalric (ou Etichon)
troisième duc d'Alsace... et père de Sainte Odile - s'encastrent au
centre du village. C'est dans ce château que naquit le 21 juin 1002
sous le nom de Bruno (ou Brunon) d'Eguisheim, le deuxième fils
d'Eberhardt, premier comte d'Eguisheim et de Helvige de Dabo et qui, en
1049, devint pape sous le nom de Léon IX... notre pape alsacien.
L'église Saint-Pierre et Paul (XIIe siècle), reconstruite en 1807-1809,
abrite, sous le clocher-porche, une chapelle qui conserve le beau
tympan romano-gothique du Xe siècle de l'ancien portail, tympan orné
d'un Christ en majesté entre les saints Pierre et Paul ainsi qu'un
linteau représentant la parabole des Vierges sages et des Vierges
folles. Dans le champ de l'ancienne porte a été installée une Vierge
ouvrante en bois polychrome datant du début du XIVe siècle; ce serait,
avec celle exposée au Musée d'histoire locale de Kaysersberg, les seuls
exemplaires de Vierges ouvrantes existant encore en Alsace.
Eguisheim vaut vraiment le détour 'Qu'on se le dise' !

Vieilles rues
typiques à Eguisheim
3/ Wettolsheim
Il est 19 h 30 lorsque - sous une
pluie battante - nous rejoignons l'hôtel-restaurant "La Palette" à
Wettolsheim (bourg viticole voisin d'Egisheim) ou nous accueille, la
mine ravie, un dénommé Henri Gagneux qui exploite depuis peu, dans les
locaux somptueusement rénovés de l'ancienne auberge du père Floranc, un
restaurant gastronomique baptisé "La Palette". Qui se souvient encore
du périple organisé pour l'AVAB un samedi 21 octobre 1995 à
Neuf-Brisach par notre confrère et ami Patrice Robert . A l'issue de la
réception par M. le Maire dans sa bonne ville "de Vauban", nous avons
été les hôtes (particulièrement gâtés) du jeune chef qui, peu de temps
auparavant, venait de se parachuter à Neuf-Brisach, dans les locaux
(certes quelque peu exigüs) de son restaurant baptisé "La Petite
Palette". Tout ce qu'on peut dire de Henri Gagneux (resté le même qu'il
y a 10 ans à Neuf-Brisach, toujours aussi affable et souriant), c'est
qu'il n'a pas perdu la main en nous comblant avec un menu gastronomique
concocté de pair avec Pierre Haas et sa charmante épouse Andrée.
Bravo à tous !
André HEINRICH
Date : samedi 24.06.06 -
Participants : 38 - Organisateurs : Pierre HAAS / André HEINRICH /
Pierre VOGT - Programme en trois étapes : 15 h 00, visite de la
marqueterie d'art Charles SPINDLER à 67530 Boersch/Saint-Léonard - 17 h
30, promenade-découverte dans le Parc du Domaine du Windeck à 67530
Ottrott-le-Bas - 19 h 30, Hôtel-Restaurant "Le Moulin" route de
Klingenthal, à 67530 Ottrott (Conférences sur l'Influenza aviaire et
repas convivial).
1/
Marqueterie d'art Charles SPINDLER, 3 Cour du Chapitre à Boersch
Saint-Léonard
C'est l'histoire d'une dynastie et d'une tradition, qui s'ouvre par une
belle porte romane sur un petit monastère bénédictin, au pied du Mont
Sainte-Odile, lieu sacré de l'Alsace. Au commencement était une petite
abbaye de bénédictins fondée en 1109 sur un modeste coteau couvert de
prés et de vignes. Le monastère - consacré à Saint-Léonard (patron des
prisonniers) qui vécut au VIe siècle dans le Limousin et y fonda le
couvent de Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) - se transforme en
1235 en collégiale de chanoines dépendant du Grand Chapitre cathédral.
Incendiée en 1298, trois fois pillée en 1592, 1610 et 1622, la
collégiale, restaurée en 1651... sera abolie puis vendue le 14
septembre 1791 comme bien national par le gouvernement révolutionnaire.
L'église est détruite en 1839-1840, ses pierres serviront à la
construction de l'église de Benfeld alors que... son clocher en forme
de bulbe coiffe aujourd'hui l'église d'Ergersheim. Après la suppression
de la collégiale, les maisons, vignes et terres sont le plus souvent
acquis par des protestants, l'Eglise interdisant aux catholiques
d'acheter les biens du clergé.

Saint-Léonard en 1836 : à gauche, le calvaire Eber, au fond, le Mont Sainte-Odile (dessin L. Atthalin)
Dès avant la première guerre
mondiale (1896-1914), Saint-Léonard devient un important centre
culturel régional sous l'impulsion du peintre, aquarelliste et
marquetiste Charles SPINDLER (1865-1938), l'enfant de Boersch qui, en
1897, venait d'acquérir l'ancien prieuré (aidé en cela par son ami
Anselme LAUGEL, dilettante aisé du voisinage) et y réunissait sous le
signe de l'amitié un joyeux cénacle d'artistes tels les peintres Léon
HORNECKER et Gustave STOSKOPF, le graveur munichois Joseph SATTLER, les
sculpteurs Albert MARTZOLF et Albert SCHULTZ (auteur du Gänseliesel à
l'Orangerie), l'historien Fritz KIENER, le peintre badois Lothaire von
SEEBACH, les artistes Paul BRAUNAGEL, Léon SCHNUG, Emile STAHL, etc...,
qui formèrent le Cercle de Saint-Léonard. Si c'est de cette retraite
bucolique qu'est parti le renouveau de l'art et de la culture
alsaciens, ces mêmes artistes se rencontraient également dans deux
autres lieux de sociabilité : la Mehlkischt (près des anciens Hôpitaux
à Strasbourg) et le Kunschthafe (à Schiltigheim).
Cette histoire dynastique et cet état de grâce s'éternisera, au travers
de Paul-Henri SPINDLER (1906-1980), le fils de Charles et, depuis 1975
avec Jean-Charles SPINDLER (né en 1948), le petit-fils du fondateur.
Dans le petit atelier situé dans l'ancienne Cour du Chapitre,
Jean-Charles SPINDLER et son équipe perpétuent la tradition de la
marqueterie d'art qui, depuis l'Exposition universelle de Paris en
1900, fait la renommée d'une famille et d'une province de France
présentes dans le monde entier. Sur les rayons de l'atelier, de fines
plaques de placage taillées dans tous les bois du globe s'empilent dans
l'attente de leur métamorphose : elles proviennent des bois de France
(noyer, aulne, peuplier, olivier, buis, acacia, etc...) et du monde
(loupe d'amboine blonde ou rouge des Célèbes, loupe de thuya du Maroc,
amarante violette du Brésil, ébène noir des Indes, érable du Canada,
tulipier vert de Virginie, sycomore blanc, bois de rose du Brésil,
etc...), soit près d'une centaine d'essences différentes dont les
fibres éclatées ou les caprices donnent ces collines bleues, voire ces
villages assoupis dans la plaine. Assemblées les unes aux autres selon
une technique parfaitement maîtrisée, ces petites pièces se rêvent en
pimpants tableaux avec des cigognes en peuplier, des pignons en loupe
d'aulne, une cathédrale ou des tabliers d'Alsaciennes en tulipier qui
font le bonheur d'amateurs d'art et de chercheurs de beauté de tous les
pays venant sonner à la grille de l'ancienne maison des chanoines.
2/ Domaine
du Windeck à Ottrott-le-Bas / Promenade-découverte dans le parc paysager
Si la plupart des habitants de la région prétendent connaître le
château et le parc se trouvant au 51, rue principale, au point de
jonction entre Ottrott-le-Bas et Ottrott-le-Haut, par contre peu
nombreux sont ceux qui sont informés de l'histoire dudit "château" et
de la richesse botanique que recèle son parc.
Au XIVe siècle, le Windeck est une ancienne seigneurie aux mains des
Rathsamhausen zum Stein, une lignée de la noblesse alsacienne. En 1770,
le lieutenant-colonel Joseph de Pascalis, se disant "seigneur du
Windeck" (décédé le 26.10.1786), fait édifier le château actuel, une
demeure de style XVIIIe français, de plan rectangulaire à neuf travées
d'ouverture sur deux niveaux couverts d'un toit brisé. Le domaine,
après avoir appartenu successivement à MM. Laquiante et Rey,
propriétaires terriens strasbourgeois, est acquis en 1834 par le
colonel du génie Laurent Atthalin, directeur des fortifications de
Strasbourg. En août 1835, sa fille Cécile épouse Armand Théodore de
Dartein, homme d'affaires de Strasbourg lequel, à la mort de son
beau-père la même année, devient propriétaire de la demeure et de son
clos ; c'est lui qui donnera au parc les grandes lignes de sa
configuration actuelle. Dans cette perspective, il agrandit son bien de
plusieurs parcelles, notamment celle où se dresse l'édifice ruiné dit
"ruine d'Altenkeller" (1180), à proximité de la chapelle romane (XIIe
s.) consacrée à Saint Nicolas. Pour conférer un aspect castral et
romantique à cette ruine, Dartein y introduit notamment deux grandes
fenêtres à baies géminées "empruntées" au château de Guirbaden,
d'autres éléments provenant de l'abbaye de Niedermünster, toute proche.
Quant au parc (d'une superficie de 11 ha), il est agrémenté de
plusieurs plans d'eau reliés à un réseau de canaux d'irrigation ; ses
arbres font une large place aux essences d'origine européenne, exotique
et américaine. On y admire par exemple plusieurs "Sequoia gigantea" de
plus de 45 m de haut et de près de 4 m de diamètre à la base.
En 1858, Théodore de Dartein vend château, parc et clos au baron Léon
Renouard de Bussière -un rameau de la lignée des Renouard de Bussière
implantée à Strasbourg/Robertsau "ens Renouard's Guet"-
domaine qui, suite au mariage de la gracieuse Mélanie Renouard de
Bussière avec le comte Edmond de Pourtalès, bel homme... et belle
fortune, prendra le nom de Château de Pourtalès, un site apprécié des
Strasbourgeois. Installé à Ottrott, Léon Renouard de Bussière réalisera
d'importantes modifications sur la maison et sur les dépendances,
poursuivra les plantations dans le grand parc et unifiera le parc en
une seule entité. En 1915, Marthe, la fille de Léon Renouard de
Bussière, épouse du colonel de Witt-Cuizot, héritera du domaine à la
mort de son père. Les de Witt-Cuizot feront de nombreux séjours à
Ottrott ; une de leur fille, Françoise, épouse de M. Guy Brocard,
devient propriétaire du domaine en 1952. En 1964, le château du Windeck
et son parc sont vendus par les Brocard à l'association catholique "le
Foyer de Charité d'Alsace". Depuis 1965, grâce à ce rachat, le domaine
a pu être maintenu dans sa quasi-intégralité. Le parc paysager -ouvert
au public- allie à l'esthétique "sauvage" de son site et de sa
composition, l'avantage de représenter un véritable conservatoire
d'espèces arbustives (près d'une centaine y sont recensées) où
l'importance accordée aux essences exotiques traduit bien l'orientation
des préoccupations botaniques d'un amateur éclairé du XIXe siècle.
3/
Hôtel-Restaurant "Le Moulin" à Ottrott Klingenthal (Lieu-dit
Kupferhammer)
Rappelons que l'année 1730 marque
une date importante dans l'histoire de la région d'Obernai ; ce sera
l'année de la création de la Manufacture royale d'armes blanches dans
la vallée de l'Ehn, à peu de distance des villages de Boersch et
d'Ottrott. Cette manufacture, dont les premiers ouvriers seront
originaires de Solingen (D) et comportant forges, martinets, ateliers
de fondeurs, trempeurs, limeurs, graveurs, aiguiseurs, etc..., va
donner naissance au village de Klingenthal (vallée des lames) et
apporter prospérité, prestige et renom à toute la province d'Alsace.
Comme mentionné dans l'en-tête, la troisième étape de la rencontre
comportera deux volets : les conférences sur l'Influenza aviaire et
l'apéritif-repas.
1. Les conférences sur l'Influenza ou "Grippe" aviaire
a) Dr Lucien GANGLOFF, vétérinaire e/R spécialiste
des faunes domestique et sauvage. Après avoir défini cette virose et
rappelé sa synonymie, le confrère développe son historique, sa
répartition géographique, ses manifestations cliniques et indique les
espèces sensibles. Le conférencier, après avoir donné de plus amples
informations sur le virus (Orthomyxovirus de la classe A, à l'origine
des grippes animales et humaines, génome à 8 segments, glycoprotéines H
[16 types] et N [9 types] dont les plus pathogènes sont H1, H5, H7 et
H9, la possibilité de réplication et de réassortimentation, etc...),
abordera la résistance et les modalités de transmission (directe et
indirecte) du virus, sa pathogénicité, le rôle prépondérant de l'homme
dans sa propagation et enfin la prophylaxie (essentiellement sanitaire)
de l'affection chez l'animal et le traitement de la maladie chez
l'homme.
b) Dr Rémi GUERRIN, Directeur des Services
Vétérinaires du Bas-Rhin. Il animera son exposé par la présentation de
transparents, mettra l'accent sur la médiatisation excessive du
problème de la "Grippe" aviaire, entretiendra son auditoire sur le rôle
du réseau SAGIR, sur les différentes voies de migrations empruntées par
le virus, et précisera les modalités de mise en place des mesures de
police sanitaire, tant dans le foyer que dans les zones de protection
et de surveillance.
2. L'apéritif-repas convivial, d'une
exquise qualité, clôturera fort agréablement cette belle sortie
printanière. Au cours de la soirée devait être abordé le problème de la
rencontre d'automne 2006 - en octobre en pays de Bade - et de la
commémoration du 30ème anniversaire de la fondation de l'Amicale
Vétérinaire Alsace-Bade / Badisch-elsässische Tierärztevereinigung
(AVAB/BETV).
André HEINRICH
Rencontre d'automne 2006 à BADEN-BADEN
(30ème anniversaire de la fondation de l'Amicale)
Date : samedi 14 octobre
2006 - Participants : près de 50 personnes Organisateurs :
Horst HAGENLOCHER et André HEINRICH - Programme : 15 h 30, rendez-vous
à la station City-Bahn près du Kurhaus - 15 h 40, visite guidée de
Baden-Baden en City-Bahn, ensuite choix entre : excursion avec
funiculaire au sommet du Merkur (668m) / visite des oeuvres de Marc
CHAGALL au musée Frieder BURDA / flânerie en ville - 18 h 00,
rendez-vous à l'hôtel Steigenberger Badischer Hof / 18 h 30, au
Festsaal, conférence historique de M. Gerhard HERTEL, Allocutions de
circonstance, apéritif à 20 h 30, repas convivial dans le "Salon Rouge".
Quelques mots concernant Baden-Baden : dans un site abrité de la vallée
de l'Oosbach, entre la Forêt-Noire et le vignoble badois, Baden-Baden
(50 000 habitants) est sans doute la plus luxueuse des stations
thermales d'Allemagne. Le climat particu-lièrement doux et le grand
choix de distractions : cures, musique, expositions, congrès, etc... ne
manquent pas d'attirer en toute saison une clientèle cosmopolite,
élégante et fortunée.
C'est une ville de cure : les sources d'eaux chaudes y sont exploitées
dès la fin du Ier siècle ap. J.C. par les Romains. L'empereur Caracalla
(118-217) venait soigner ses rhumatismes à Aquae Aureliae. Sous
l'occupation alémanique (deuxième moitié du IIIème siècle), déclin de
l'activité thermale qui reprendra au XIIème siècle, sous l'impulsion
des margraves de Bade (lignée des Zaeringen). Les thermes de Caracalla
(1985), complexe balnéo-thermal polyvalent, sont de renommée mondiale.
C'est une ville des jeux depuis le XIXème siècle, grâce aux efforts de
l'homme d'affaires françals Edouard Benazet. C'est également une ville
de grande culture tant architecturale (Fr. Weinbrenner) que musicale
(nouveau Festspielhaus depuis 1998), d'activité artistique (musées
réputés dont celui de la Fondation Frieder Burda ouvert depuis 2004) et
sportive (tournois de tennis, courses de plat organisées au printemps
et en automne à Iffezheim par le Jockey Club de Paris, etc...).
Baden-Baden accueille également chaque année de nombreux congrès
nationaux et internationaux.
C'est au Sud de cette ville enfin, dans le romantique vallon du
Lichtenthal, que se trouve l'abbaye cistercienne fondée en 1245 par la
margravine Irmengard de Bade ; cette abbaye constitue aujourd'hui le
plus ancien monastère du pays de Bade. La chapelle princière (1288)
abrite entre autres la niche mortuaire du comte jean III de Lichtenberg
(Alsace / =1324), l'arrière petit-fils de la fondatrice.
1/ Visite guidée en mini-train (City-Bahn). Long
d'environ 12 km, le circuit permet en un peu plus d'une heure d'admirer
les sites les plus remarquables de Baden-Baden, tels le Kurhaus et son
casino, les musées et les théâtres, le parc arboré de la
Lichten-thalerallee, le Kongreßhaus, la Gönneranlage, la fontaine des
hérons, les établissements balnéaires (dont les thermes de Caracalla),
les cascades du Paradies, le Leopoldsplatz, la Langestraße, la
Kaiserallee, l'hôtel Badischer Hof (ancien couvent de Capucins), le
Festspielhaus (2 500 places) construit en 1998 en annexe de l'ancienne
Gare, la Trinckhalle, etc... A mi-parcours, la City-Bahn atteint la
station inférieure du funiculaire, celui-ci permettant après un trajet
de 1 200 m (et une pente de près de ... 54%) entre une double haie de
rhododendrons, d'accéder à la tour panoramique du mont Merkur (668 m)
du sommet de laquelle le valeureux touriste bénéficiera d'une très
belle vue sur la ville, le proche massif de la Forêt-Noire, la plaine
rhénane et (par beau temps)... les Vosges.
Certains de nos collègues, mettant à profit leur séjour à Baden-Baden,
ajouteront à leur program me la visite du musée de la Fondation Frieder
Burda (ouvert depuis octobre 2004) où se trouvaient exposées (jusqu'au
29.10.06), de nombreuses peintures de Marc Chagall, chef-d'oeuvres
prêtés pour la circonstance par des musées français et russes.
Le Kurhaus
2/ Commémoration du 30ème
anniversaire de la fondation de l'Amicale. Rassemblement des participants à 18 h au Festsaal
de l'hôtel Steigenberger Badischer Hof. Le maître de cérémonie - le Dr
Freiherr Edgar von Cramm, président de la section badoise de l'Amicale
- salue la nombreuse assistance, met l'accent sur la solennité de cette
journée du souvenir et présente les excuses du représentant de la
municipalité (empêché). Il demande, ensuite aux participants de bien
vouloir honorer la mémoire des celles et de ceux des membres qui nous
ont quitté en les priant d'observer une minute de silence, après quoi
il cède la parole aux trois orateurs prévus au programme.
-M. Gerhard Hertel, historien à Freudenstadt, traite
le thème :
"L'Alsace, pomme de discorde entre l'Allemagne et la
France ."
Voici résumé l'essentiel de son discours :
L'Alsace, du fait de sa situation et de ses richesses, a été, au cours
des siècles, l'objet de convoitises de ses deux grands voisins, d'où la
notion de "pomme de discorde". Ayant appartenu dès 962 au Saint-Empire
Romain Germanique puis rattachée en 1648 à la France de Louis XIV suite
à.la calamiteuse Guerre de Trente Ans, elle devient la marche du
Royaume face au Saint-Empire Romain Germanique. Son annexion en 1871
cimentera le nouvel État allemand dont elle apparaissait comme un
rempart.
Trois guerres (1870-71/1914-18/1939-45) ont disposé de son territoire
et meurtri ses habi tants. Un Alsacien né français en 1860 est devenu
allemand en 1871, français en 1918, à nouveau allemand en 1940 et a pu
(si Dieu lui avait prêté vie !) retrouver la nationalité de sa
naissance en 1944. Vexations, chagrins et rancunes ont accompagné ces
changements.
La situation géographique de l'Alsace permet de comprendre ces
déchirements ; cette province est située au coeur de l'Europe, au bord
du Rhin, au croisement des routes empruntant sa vallée et de celles qui
la traversent. Les Germains ne l'ont-t-ils pas dénommés "Srateburg" :
ville des routes . Les Alsaciens, loin d'être un peuple homogène, sont
le fruit d'un brassage incessant de populations. Ayant su et souvent
dû, combiner les forces et les faiblesses des civilisations française
et germanique, ils se sont forgé une identité où se lit cette double
origine. Une foi religieuse vivace, des associa-tions florissantes. et
plus anciennes qu'ailleurs, telles sont les valeurs traditionnelles sur
lesquelles se fonde la personnalité alsacienne. Depuis le IVème - Vème
siècle, la culture de l'Alsace est marquée à travers l'histoire et la
langue par une appartenance germanique qu'au cours des trois derniers
siècles la pensée et la langue française ont pénétrée profondément.
Le poète allemand Heinrich Heine (sa tombe se trouve depuis 1856 au
cimetière de Montmartre) considérait les peuples allemands et français
comme "les peuples élus de l'Humanité". Le Traité de l'Elysée signé le
22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer scellera la
réconciliation entre les deux pays après des siècles de conflits
meurtriers. Il n'y a donc plus de pomme de discorde 1
- Le Dr André Heinrich, membre
fondateur/secrétaire-trésorier de l'AVAB depuis 1976 présente d'abord,
à toutes et à tous, les salutations confraternelles et cordiales
félicitations de son ami André Desbois (président de France-Allemagne
Vétérinaire) de même que ses regrets de ne pas être présent à
Baden-Baden en ce jour anniversaire pour, notamment, saluer la mémoire
des pionniers-fondateurs d'Alsace-Bade, aujourd'hui disparus : Bossert,
Pfister, Veltz, Zimmer, Kollofrath, Stülpnagel, etc...
L'orateur cite ensuite les dates-clés depuis la réconciliation
franco-allemande. 1948 : fondation de l'Institut franco-allemand de
Ludwigsburg ; 1950 : jumelage Montbéliard- Ludwigsburg ; 1959 : appel
du général de Gaulle à la jeunesse allemande ; 1963 : le 22 janvier,
signature du Traité de l'Elysée par Charles de Gaulle et Konrad
Adenauer... et le 5 juillet, création de l'OFAJ (Office franc-allemand
pour la jeunesse). jusqu'au rapprochement des vétérinaires de part et
d'autre du Rhin. Octobre 1970 à Garmisch-Partenkirchen : création de
l'Union Européenne des Vétérinaires Praticiens (à l'initiative
d'ailleurs des confrères français !) et naissance de l'amitié
Desbois/Hagenlocher ; septembre 1971 : appel d'André Desbois aux
vétérinaires allemands par la presse pro-fessionnelle ; septembre 1973
: rencontre de vétérinaires français et allemands à Beaune (où germera
l'idée de la création d'une Amicale entre vétérinaires alsaciens et
badois) ; puis, le 22 juin 1974, publication officielle de la création
de l'AFAV-DFTV (Association France-Allemagne Vétrérinaire ou
Deutsch-Französischer Tierärzte Verband e.V.). et enfin le 9 octobre
1976 : fondation à Baden-Baden de l'AVAB-BETV (Amicale Vétérinaire
Alsace-Bade ou Badisch-elsässische Tierärzte Vereinigung e.V), le
groupe alsacien de l'AVAB-BETV étant à considérer en fait comme une
section de l'AFAV.
- Dr Horst Hagenlocher à D-Eutingen. En sa qualité
de père fondateur de l'AVAB/BETV il brosse, avec son éloquence
habituelle, le tableau des tenants et des aboutissants inhérents à la
création de cette passerelle réunissant à présent un nombre important
de confrères et de consoeurs de part et d'autre du Rhin, un fleuve qui,
dans le cadre de l'Union Européenne, a cessé d'être une frontière.
Il reconnaît que la création (un tant soit peu dystocique, au départ du
moins... et ce pour diverses raisons parmi lesquelles un certain et
inévitable ressentiment !) a néanmoins pu aboutir grâce à l'engagement
personnel et tout dévoué de certains confrères... et de citer tout en
les remerciant : Victor Lux, André Heinrich, Helmuth Schoder, Matthias
Stülpnagel, etc...
Il rend hommage également aux présidents des deux sections (les
confrères Edgar von Cramrn et Pierre Haas) et à leur conseil
d'administration respectif pour la somme de travail qu'ils déploient
pour que vive l'Amicale, et les exhorte à porter un regard particulier
sur l'important et délicat problème du recrutement de nouveaux membres,
de jeunes éléments esentiellement.
- Le repas convivial. Après l'apéritif, les
participants rejoignent le "Salon Rouge" où leur est servi le
traditionel diner convivial, particulièrement bien choisi pour la
circonstance.
Au cours du repas les Drs Jürgen Esslinger (Co-président de
l'AFAV-DFTV), Edgar von Cramm et Pierre Haas (les présidents des
sections badoise et alsacienne) tinrent à exprimer leur profonde et
très sincère gratitude à l'adresse des organisateurs de cette belle et
agréable journée commémorative de même qu'ils invitèrent les membres de
l'AVAB-BETV à ne pas ménager leur effort pour que puisse progresser
"leur" Amicale.
André HEINRICH
Date : samedi 16.06.07 Participants
: 43 Organisateurs : Mmes Beate SCHWING &
Michaela VOGT - Au programme, deux étapes : 14 h 30
visite guidée de la ruine restaurée du Hohengeroldseck / 16 h 30 visite
guidée, repas, conférence au Stadtpark Lahr / Roseraie / Orangerie.
1/ Le château de Hohengeroldseck
Rappel historique : les seigneurs de Geroldseck, de haute noblesse,
possédaient des territoires importants s'étendant des deux côtés du
Rhin tant dans la plaine que sur les versants de la Forêt-Noire et des
Vosges. Issus de lignages fortunés et très influents, les Geroldseck
jouèrent un grand rôle dans l'histoire de l'Alsace et du Pays de Bade ;
c'est ainsi qu'ils donnèrent plusieurs évêques et notables à Strasbourg.
Les châteaux de ces dynastes en Alsace : le Petit et le Grand
Geroldseck près de Saverne, le château de Schwanau sur un îlot du Rhin
près de Gerstheim. Citons en Pays de Bade : le Burg Landeck près
d'Emmendingen, à Seelbach, la Wasserburg de Dautenstein, à Seelbach /
Schoenberg le Hohengeroldseck, et enfin à Lahr même (1220), un château
de plaine à l'origine de la fondation de la ville et dont il ne
subsiste aujourd'hui qu'une tour, la Tour des Cigognes, emblème de la
cité.
Dans un sauf-conduit adressé le 27 février 1139 à l'abbaye de
Gengenbach (Kinzigtal) par le pape Innocent II, est mentionné, pour la
première fois, un "castri Geroltesecke". Ce Burg,
siège des Geroldseck (branche badoise) avait été construit par ces
seigneurs sur un piton rocheux (638 m) dans la montagne entre Lahr et
Biberach au lieu-dit "Rauher Kasten". Les dynastes abandonneront
bientôt l'ancien château pour intégrer un château d'altitude (525 m)
construit en 1250 : véritable forteresse perchée sur un imposant cône
basaltique, le Hohengeroldseck est situé à proximité du col de
Seelbach/Schoenberg (265 m), point culminant de la route B-415 (Lahr /
Biberach-Kinzigtal), l'ancienne route romaine reliant l'Alsace à
l'Allemagne du Sud, via les vallées de la Schutter et de la Kinzig.
Un double rempart (dont une partie bastionnée) entoure l'édifice. On
accède au château par trois portes dont une dotée d'un pont-levis. En
dehors des deux logis seigneuriaux (en grès et roche primitive) érigés
sur le cône basaltique, le Hohengeroldseck comportait une série de
bâtiments annexes (forge, écuries, logements du personnel, etc...). Un
puits profond de près de 65 m avait été foré dans la roche, entre les
deux logis ; il n'était d'ailleurs accessible que de l'intérieur du
Burg. Quant aux deux logis, ils étaient eux-même séparés par une
passerelle munie d'un pont-levis.
Le château résiste vaillamment à deux sièges, en 1424 et en 1486. En
1599, Jakob de Geroldseck choisit comme résidence privée et officielle
le château (de plaine) de Dautenstein, dans la vallée de la Schutter à
Sellbach ; il y meurt en 1634 sans descendance masculine. En 1635, le
territoire des Geroldseck passe en tant que fief autrichien au comte
Philipp von Cronberg (Taunus). En 1688, après l'occupation du château
par les troupes de Louis XIV sous le commandement du maréchal Créqui,
le Burg est détruit au cours d'un incendie au printemps 1689. Après
l'extinction de la famille von Cronberg, le fief de Geroldseck passe en
1692 au baron von der Leyen à Blieskastel. Les von der Leyen sont à ce
jour toujours propriétaires de Hohengerold-seck.
Le château de Hohengeroldseck (gravure du XVIIe
siècle)
La restauration du château, sous
l'égide du Grand Duché de Bade, s'étendra de 1892 à 1901. En 1897,
intervention de la section de Lahr du Schwarzwald-verein. En 1958,
création de la Société pour la conservation de la ruine de
Hohengeroldseck qui engagera d'importants moyens pour la restauration
de la citadelle.
Ne manquez pas, le jour où vous passerez dans la région, de visiter le
Burg restauré ; vous pourrez y jouir d'une vue panoramique d'une rare
beauté.
2/ Au
Stadtpark de Lahr
La seconde étape s'est déroulée dans l'enceinte du Stadtpark (parc
municipal) comprenant espaces arborés, roseraie, orangerie et
villa-musée.
A 16 h 30, visite guidée des différents agencements du parc sous la
conduite de M. Richard SOTTRU, responsable du Service des espaces verts
de la ville, qui nous narre l'historique du site.
C'est en fait l'histoire d'un certain Christian Wilhelm JAMM, enfant de
Lahr où il vit le jour le 30 juin 1809. Issu d'un milieu modeste, le
personnage, animé très tôt d'un esprit mercantile, se spécialisa dès
ses 25 ans dans le commerce des tissus (coton, soie, etc...) et du
tabac ; il était de surcroît un grand voyageur du fait de ses activités
(Afrique du Sud, Paris, Amérique Centrale dont Cuba...). Après un
séjour de vingt ans à la Havanne où il exploita un important comptoir
d'import-export, il revint dans sa ville natale où - entre 1859 et 1861
- et sous la conduite d'architectes et entrepreneurs français, il se
fit construire une somptueuse maison de maître qu'il entoura d'un parc
arboré (sur les conseils de paysagistes français), l'ensemble étant
ceint d'un haut mur mettant l'intéressé - célibataire multimillionaire
au caractère et au comportement quelque peu particulier - et ses
compagnons (un domestique francophone... et deux dogues), à l'abri des
regards indiscrets.
Lors de ses fréquents déplacements pour affaire à Paris, il y rencontre
Mme Amélie de Cantillon, la fille (mariée) d'un collaborateur (hélas
désargenté !). Christian Wilhelm JAMM s'éprendra de cette personne (qui
tenait à ce qu'on l'appelle "Mademoiselle"), mais le coeur de la belle
restera fermé malgré les avances répétées du prétendant ; ce qui
n'empêcha pas la dite Mademoiselle de voir un jour figurer son nom sur
le testament de son admirateur !
Christian Wilhelm JAMM meurt le 7 ami 1875. Dans son testament du 15
février 1874 - en dehors d'une confortable rente destinée à Amélie de
Cantillon - il léguera à Lahr, sa ville natale, le parc et ses
dépendances ainsi que la villa. Lahr ne manquera pas d'entretenir ce
précieux héritage avec fierté et amour... en lui consacrant
annuellement un budget de fonctionnement de 350.000 Euro ! Quant à la
villa, aujourd'hui ouverte au public, elle a été aménagée en musée.
Depuis 1873, le Stadtpark a subi de notables extensions, sa superficie
actuelle étant de 4,5 hectares. Entre 1982 et 1985, la ville de Lahr y
a aménagé une roseraie, s'inspirant pour ce faire des plans du parc de
Bagatelle à Paris : le visiteur peut y admirer dès la mi-juin près de
250 variétés de roses en pleine floraison. Un spectacle unique ! Quant
aux anciennes serres construites en 1860, elles ont été remplacées par
un bâtiment servant de remise à de splendides palmiers et autres
plantes exotiques, l'Orangerie, dont la rénovation remonte à 1997.
Depuis peu, un parc animalier est venu compléter l'ensemble.
Les participants à la rencontre du 16 juin - par ailleurs gratifiés
d'un temps particulièrement clément - se sont, sans exception, dits
émerveillés par la beauté et l'entretien exemplaire du site.
Félicitations.
Vers 19 h 00, après l'apéritif pris en pleine roseraie, un repas
convivial fort magistralement apprêté par un traiteur du cru et servi
sous la verrière de l'Orangerie a été unanimement apprécié. En fin de
soirée - toujours dans l'Orangerie - le Dr. Wieland BECK, notre
confrère de l'Institut de Médecine tropicale et de Parasitologie de la
Faculté vétérinaire de Munich nous a fort agréablement surpris par la
qualité et (surtout) l'originalité de son exposé sur la mise en
évidence, sur certains Rongeurs (NAC) et sur l'Homme, de la présence
d'Ornithonyssus bacoti, acarien hématophage, hôte habituel du Rat. Le
conférencier a su passionner son auditoire en développant, avec trois
exemples bien ciblés, l'étiologie de cette "nouvelle et curieuse"
zoonose. Cette soirée se terminera, à la satisfaction générale, par
quelques pas de danse sur une musique distillée par l'auteur d'un "One
man show".
André HEINRICH


