AMICALE VÉTÉRINAIRE BADE-ALSACE

L'Amicale Vétérinaire Bade-Alsace (AVAB) est une section de l'Association France-Allemagne Vétérinaire (FAV) / JORF du 22 juin 1974; elle est née de la farouche volonté de deux confrères, européens dans l'âme, les docteurs André DESBOIS à F-Seurre & Horst HAGENLOCHER à D-Eutingen.

Lors de cette création, les deux initiateurs ont pu compter sur l'appui de nombreux confrères alsaciens et badois animés du rejet de tout esprit de ressentiment et conscients de la nécessité de s'engager -dans le cadre de relations professionnelles, personnelles et amicales- dans la voie de la compréhension réciproque, du contact et du dialogue, le Rhin ne devant plus être considéré comme une frontière mais bien comme un solide trait d'union entre les deux peuples.

La fondation officielle de l'AVAB a eu lieu le 9 octobre 1976 à Baden-Baden (D). L'AVAB fonctionne sous l'égide d'un règlement intérieur dont les grandes lignes se rapprochent des statuts de l'organisation-mère. Des rencontres entre les sections alsacienne et badoise sont organisées deux fois par an, en alternance, en Alsace et dans le pays de Bade. Une disposition propre à la section alsacienne de l'AVAB : l'allocation d'une bourse à un étudiant vétérinaire alsacien s'engageant à effectuer un stage dans une unité d'enseignement vétérinaire en République Fédérale d'Allemagne.  

L'actuel président de la section alsacienne (et co-président) de l'AVAB est le Dr Pierre HAAS, président-délégué de FAV. Le secrétaire est le Dr André HEINRICH, contrôleur général honoraire des services vétérinaires.


LES RENCONTRES

Printemps 2005 : Pays de Bade

Automne 2005 : Haut-Rhin

Printemps 2006 : Région d'Obernai

Automne 2006 : Baden-Baden

Printemps 2007 : Lahr

Automne 2008 : Le Taubergiessen

Printemps 2009 : Fribourg-en-Brisgau

Printemps 2010 : Ribeauvillé


Rencontre de printemps 2005 en pays de Bade



Si les visiteurs des monuments en Bade se comptent par milliers, ils sont légion ceux qui passent en coup de vent devant ces lieux, témoins d'une riche histoire! Combien sont-ils encore à emprunter les chemins de l'insolite ' Je rangerai parmi ces derniers la quarantaine de nos membres qui, le samedi 4 juin 2005, se retrouvèrent près de Fribourg pour visiter en toute quiétude, sous la houlette du sympathique Dr Edgar von Cramm, président de l'AVAB (section badoise), le site d'une ancienne chartreuse à Fribourg-Est, ainsi qu'un château rococo à Ebnet, la journée se terminant par un repas aux asperges au restaurant "Löwen" à Ebnet.

1/ L'ancienne chartreuse (Kartaus)

Ecoutons notre sympathique guide, Mme Eva-Maria Schüle. A la question de savoir si les imposants bâtiments situés en bordure de l'ancienne route menant de Fribourg à Ebnet et abritant aujourd'hui une maison de retraite et de soins pour personnes âgées étaient ceux de la chartreuse, la réponse sera négative, la plupart des édifices de ce monastère construit en 1346 ayant été détruits pendant l'hiver 1780 à la suite d'un incendie d'origine accidentelle.
C'est à l'altier chevalier Johannes Schnewlin, maire de Fribourg et propriétaire du complexe minier du Münstertal (argent, plomb) que revient le mérite (!) de la fondation du monastère en 1346... pour le seul salut de son âme et de celle des membres de sa clique se complaisant dans la pire des débauches et vivant de rapines, tentant par ce biais de soulager sa propre conscience. Le prieur de Bâle, consulté par le sieur Schnewlin pour le choix d'un lieu d'implantation du futur monastère, lui indiquera la pente ensoleillée du Johannisberg, un site proche du Ottilienberg (avec chapelle et source miraculeuse), choix non fortuit si l'on veut se souvenir de la grande dévotion que la sainte patronne de l'Alsace portait à celui qui baptisa le Christ.

La chartreuse regroupait derrière ses hautes murailles, les cellules des moines (une dizaine, selon la guide) avec leurs jardinets privatifs, le cloître, l'église et la maison du père-prieur, les moines menant une vie contemplative suivant les règles édictées par saint Bruno (1030-1101). La chartreuse était dans les bonnes grâces de la ville de Fribourg et de son conseil, ceux-ci allant même jusqu'à interdire la capture des petits oiseaux dans les forêts alentour, à lui allouer en 1381 une glaisière destinée à l'entretien des fours à pain, et même à lui accorder en 1468 le droit d'installer des étangs de pêche. Après la fondation en 1457 de l'Université de Fribourg, des liens étroits d'échanges d'idées (sur les plans culturel et scientifique) et de réelle amitié se tissèrent entre les universitaires et les chartreux.

Gregor Reisch, le plus connu des chartreux, après des études universitaires (à partir de 1487) et son accession à la dignité de magister en philosophie, entra au cloître en 1500. Son oeuvre, La Margarita Philosophica le rendit célèbre. Il fréquentera à Fribourg les grands humanistes de l'époque dont Ulrich Zasius, Erasme de Rotterdam, Hans Eck, etc... Reisch était un grand ami de l'empereur Maximilien, ce dernier le priant même de l'assister à l'article de la mort. Grâce à son pragmatisme, ce moine réunira le financement nécessaire à la construction d'un canal de dérivation devant alimenter un moulin et une scierie. Le temps aidant, le monastère deviendra le refuge pour bon nombre d'hommes de lettres dont certains d'ailleurs finiront par rejoindre la communauté monacale.
En 1753, un sérieux différent éclate entre le père-prieur et ses moines, ces derniers jugeant inopportune l'installation, dans l'enceinte même de la chartreuse, d'un complexe d'immeubles appelé "Edifice des Prélats"et dont la construction s'étalera de 1753 à 1756.

La chartreuse est en grande partie détruite par un incendie au cours de l'hiver 1780. En 1782, sur décision du conseil de gouvernement, le couvent des chartreux est supprimé... alors qu'il comptait encore 4 pères et 8 frères. A la faveur d'une vente aux enchères en 1783, le couvent est attribué au baron Antoine de Bade qui achèvera la construction (en style baroque) de l' "Edifice des Prélats". En 1830, la propriété passe entre les mains du baron Bruno de Türckheim puis en 1879, c'est un hollandais fortuné qui en fait l'acquisition; au décès de ce dernier en 1894, c'est au tour de la ville de Fribourg de s'en porter (enfin) acquéreur, celle-ci prenant toutefois le soin de confier l'ensemble (immeubles, terres, forêts) à la fondation de l'Hôpital du Saint-Esprit. Après deux années d'importants travaux l'institution fera désormais office (toujours sous le nom de Kartaus) de maison de retraite et de soins pour personnes âgées, n'y étant admis que les sujets ayant résidé à Fribourg.

Un des premiers pensionnaires de la Kartaus sera le très dynamique et ancien curé de la paroisse fribourgeoise Saint-Martin. Ce personnage, haut en couleurs, car homme d'église, poète populaire, député du Landtag (diète), promoteur du folklore local (vallée de la Kinzig), etc., vivra sa retraite de 1897 à 1913... dans les somptueux appartements jadis occupés par le père-prieur. L'hospice se dotera également d'une grande ferme, d'une auberge, d'ateliers divers et d'une conciergerie (toutes activités aujourd'hui supprimées). Le parc, les vastes potagers et les jardins médicinaux ont par contre été conservés et sont toujours soigneusement entretenus.

 

La chartreuse de Fribourg - Vue sur le jardin médicinal (cliché André Heinrich) - Au fond, derrière le mur, le clocheton coiffant le toit "Jugenstil" de la centrale hydro-électrique située en contre-bas.

 

Le moulin disparaît dans un incendie en 1892 alors que les installations de la scierie sont démontées en 1899. En 1908, une centrale hydro-électrique (construction de style Art nouveau/Jugend stil) est aménagée sur l'ancien canal de dérivation; fonctionnelle, elle est toujours en activité. En 1940, l'exploitation de l'auberge est arrêtée. La ferme, avec son train de culture de 24 ha n'est plus exploitée depuis 1970. Quant à la conciergerie, elle sert en partie de logement et de travail à des théologiens catholiques, alors que depuis 1973, son sous-sol est aménagé en distillerie artisanale. En 1969, un nouveau foyer (médicalisé) pour personnes âgées - le johannisheim - est venu compléter utilement les structures existantes. Quant à la gestion de cette importante unité à vocation essentiellement caritative, elle est assurée par l'Administration générale des fonsations, un service de ville de Fribourg.

2/ Le château d'Ebnet

 

 

Le château d'Ebnet - facade côté jardins - Dessin de Tilman Schärf, Worms
   

Cette splendide maison de maître construite en style rococo vers la moitié du XVIIIe siècle, trône avec ses nombreuses dépendances (chapelle castrale, oratoire, grange dimière, manège couvert, etc...) au milieu d'un ravissant parc arboré d'environ 5 ha.

Le maître de céans, le baron Nicolas von Gayling-Westphal, après nous avoir accueilli avec déférence et dit combien il se réjouissait de recevoir ce groupe de visiteurs vétérinaires et parmi eux bon nombre venus d'Outre-Rhin (car comme leurs illustres ancêtres d'ailleurs, les Gayling se disent "être restés Alsaciens et de coeur et d'esprit"), nous présente avec verve et enthousiasme l'historique des lieux et de celui de sa famille.
La résidence est située à l'entrée ouest d'Ebnet -lieu que les chroniqueurs mentionnent dès le début du XIIe siècle - au confluent des rivières Eschbach et Dreisam, à l'emplacement d'un château fortifié entouré d'un étang (Weiherschloss). Cette demeure, qui avait appartenu successivement au duc Berthold III von Zahringen, au chevalier Johannes Schnewlin (cf. infra, historique de la Kartaus) puis aux chevaliers d'empire Frantz et Friedrich von Sickingen (famille de notables influents de Fribourg), sera démantelée par les troupes françaises en 1644. A sa place sera construit, en 1696, une modeste maison de campagne, sous l'impulsion de Maria Franciska von Sickingen, l'épouse du défunt Frantz Ferdinand von Sickingen, maire de Fribourg; l'étang existant sera asséché puis aménagé en parc et jardins. C'est le fils de ces derniers, Ferdinand Sebastian von Sickingen qui, en 1739, engage sur la maison de campagne d'importants travaux d'agrandissement et d'embellissement, la transformant en une véritable demeure princière et s'entoure, pour ce faire, des grands artistes de l'époque, à savoir les architectes Johann Jacob Fechter et Simon Schratt, les peintres Christian Wenziger, Johann Pfunner, Johannes William et Giovanni Baptista Tiepolo, les stucateurs Hans Georg Gigl et Anton Frantz Vogel, les spécialistes du plafond peint Benedict Gambs, Johann Pfunner et Johann Evangelist Holzer. L'ensemble (château, dépendances, parc) est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques.

La fin de l'apogée des Sickingen survenant en même temps que le déclin de la domination des Habsbourg en Autriche antérieure (Haute-Alsace et Allemagne du sud-ouest), le comte Wilhelm von Sickingen-Hohenbourg, un neveu de Ferdinand Sebastian von Sickingen, avant de se retirer à la cour impériale à Vienne, cédera sa propriété au grand duc Carl Friedrich von Baden pour la somme de 500.000 florins. Et Ebnet verra s'installer de nouveaux propriétaires, les barons alsaciens Gayling von Altheim. C'est en 1811 que le petit-fils de Carl Friedrich von Baden -le grand duc Carl von Baden- se débarrassera du château d'Ebnet au profit de son vassal et proche collaborateur le baron Christian Gayling von Altheim. La lignée des Gayling qui comptait des baronnies en Basse-Alsace, en Franconie et en Souabe -et dont le siège patrimonial se trouvait à Bueswiller près de Bouxwiller (Bas-Rhin)- obtenait du roi louis XV, en 1773, la confirmation de son baronat en France.

 

Buswiller, l'ancien château Gayling et l'église protestante - Aquarelle de Willy Kuhn, Ingwiller, 1988 - Collection du château d'Ebnet

La branche mâle de cette famille noble s'éteindra avec le baron Heinrich Gayling von Attheim (1847-1940), chambellan et président d'une coopérative d'élevage du cheval en Forêt-Noire. Son arrière petit-fils dans la branche féminine, le baron Nicolas von Gayling-Westphal (notre remarquable guide de ce jour) est depuis 1975 le 26ème maître sur Ebnet.

De fin janvier 1629 à fin décembre 1793 (Révolution française), la ville de Bouxwiller, la Motherburg à Niedermodern, la maison Gayling rue des Veaux (Kalbsgasse) à Strasbourg et le village de Bueswiller ont été la patrie de cette famille, venue d'Altheim près de Baben-hausen (Pays de Hesse en RFA), pour s'installer dans le comté de Hanau-Lichtenberg (Basse-Alsace), au service du dynaste régnant alors sur cette région.
On rapporte que les Gayling étaient "de bons alsaciens et de bons maîtres". Ils uniront leur destinée à celles des nobles de la chevalerie alsacienne tels les Sultz, Böcklin von Böcklinsau, Fleckenstein, Wurmser von Vendenheim, Berstett, Mittlehausen et Oberkirch.

Dans la petite église luthérienne de Bueswiller que les Gayling choisirent comme leur lieu de sépulture, sont conservés les monuments funéraires, ainsi que six épitaphes des membres de la famille Gayling von Altheim, les seigneurs de la localité où ils construisirent leur château en 1740, château qui, malheureusement, tomba sous la pioche des démolisseurs jacobins en 1793, et dont il ne subsiste aujourd'hui que quelques rares vestiges !

André HEINRICH


Rencontre d'automne 2005 dans le Haut-Rhin


Date : samedi 2 octobre 2005 - Participants : une trentaine - Organisateurs: Pierre Haas, André Heinrich, Patrice Robert - Trois étapes au programme : Mulhouse (Musée de l'impression sur étoffes) / Eguisheim (Circuit pittoresque) / Wettolsheim (Restaurant "la Palette").

1/ Mulhouse  

C'est une cité à l'histoire singulière, faite de bouleversements, de capacité d'innovation et de création. A partir du XIIe siècle, l'Alsace a connu un développement urbain d'une grande ampleur qui marquera fondamentalement sa géographie et son histoire. De cette forte tradition, la ville de Mulhouse offre sans doute l'exemple extrême et ce, à deux titres : elle est la ville alsacienne qui a su affirmer de la manière la plus résolue et la plus durable l'esprit d'indépendance; elle est également celle qui a manifesté une croissance dont l'étendue et la rapidité sont restées uniques dans la région.
Si, avec ses 223.856 habitants, l'agglomération de Mulhouse est aujourd'hui la deuxième ville d'Alsace derrière celle de Strasbourg (avec ses 389.480 hab.), elle est par contre loin d'occuper le même rang du point de vue architectural ou artistique. Certains guides iraient jusqu'à prétendre "qu'elle n'a pas vraiment le cachet alsacien" ! Personnellement, je suis loin de partager cette opinion.
Mentionnée déjà au VIIIe siècle sous Mulenhusen (maison du moulin), Mulhouse n'apparaît dans l'histoire qu'au XIIe siècle, dépendant alors de l'évêque de Strasbourg. Par la suite, les Hohenstaufen transformeront la ville en la fortifiant en 1222, lui conférant ainsi le titre de "civitas". Le grand interrègne (1254-1262) permet à l'évêque de Strasbourg de reprendre la ville et d'y édifier un château. Les bourgeois, aidés par Rodolphe de Habsbourg, se libéreront de cette tutelle en rasant le château en 1262. En 1308, Mulhouse devient ville impériale et adhère en 1354 à la Décapole.
Le XIVe et plus encore le XVe siècle constitueront une époque de luttes incessantes, d'abord contre la noblesse du voisinage et surtout contre... les Habsbourg, dont les territoires encerclaient la ville. En 1466 Mulhouse signe une alliance avec Berne et Soleure (adversaires des Habsbourg) et en 1506, passe une convention avec Bâle. En 1515, la Confédération helvétique reconnaissant à Mulhouse le statut d'alliée, celle-ci sortira de la Décapole, ce départ étant compensé par l'adhésion de Landau (Palatinat).
La Réforme s'imposa dans la ville entre 1523 (Ulrich Zwingli) et 1529 (Calvin) et en fit une enclave non plus seulement politique mais aussi religieuse, ses habitants étant tenus à des règles de vie très strictes; l'esprit calviniste agira aussi comme "catalyseur" du développement industriel en inspirant des initiatives pionnières en matière sociale et culturelle. Comme les autres confédérés, Mulhouse est devenue en 1521, l'alliée de la France.
A la fin du XVIe siècle Mulhouse était une petite cité d'environ 2.000 habitants et de 33 ha de superficie (vivant de l'agriculture, du vignoble et de l'artisanat), implantée sur l'Ill en amont de sa confluence avec la Doller, dans une dépression humide, au pied des collines constituant les dernières avancées du Sundgau. Pendant la guerre de Trente Ans, restée neutre durant le conflit, Mulhouse réussira à s'enrichir en s'ouvrant au commerce régional; devenue en 1648 une enclave dans les terres françaises, elle peut enfin entretenir de bonnes relations avec son voisinage. Îlot de paix et de prospérité, Mulhouse dispose d'atouts lui permettant son décollage économique : des capitaux grâce au commerce, de la main d'oeuvre grâce au monde rural, la religion calviniste lui conférant une morale faite d'efforts et de persévérance. En 1746, quatre jeunes Mulhousiens (Koechlin, Schmaltzer, Dollfus et Feer) fondent une manu-facture d'impression sur tissus produisant des "indiennes", alors très en vogue. En 1798, on compte 26 fabricants et 6.000 habitants. Mulhouse profitera, après la révocation de l'Edit de Nantes, de l'exode massif des Huguenots qui contrôlaient une grande partie de l'indiennage français. Ce succès provoquera la réaction des concurrents, notamment haut-rhinois qui réussirent en 1792 à instaurer un véritable blocus douanier de la ville : cette mesure décidera les Mulhousiens à voter, le 4 janvier 1798, leur adhésion à la France.
Une ère nouvelle commençait qui, en quelques décennies, allait faire de Mulhouse le "Manchester francais", la ville aux cent cheminées, la capitale industrielle de l'Alsace. A partir de l'impression textile se développèrent la filature et le tissage, puis ces industries complémentaires que sont la chimie et la mécanique. Le nombre d'habitants atteindra les 60.000 en 1870 et 105.000 en 1914.
La population ouvrière, qui connaît des conditions de vie dramatique au début du XIXe siècle, voit progressivement son sort s'améliorer grâce a une politique volontariste animée par la Société industrielle de Mulhouse (SIM) qui regroupe depuis 1826 les industriels les plus dynamiques. La construction des cités ouvrières, à partir de 1854, est un des symboles les plus marquants de ce phénomène. La SIM adjoignit à cette substantielle mission un rôle d'animatrice dans les domaines intellectuel et artistique avec l'ouverture de musées, et éducatif avec la création d'écoles de chimie, de tissage ou de commerce. Dès 1857, la SIM contribua à doter Mulhouse d'un Musée du dessin industriel, l'ancêtre de l'actuel Musée de l'impression sur étoffes (MIE) puis d'une dizaine d'autres musées, d'un parc zoologique, etc. Rappelons que Mulhouse possède aujourd'hui le pôle de musées techniques le plus important d'Europe.
Depuis 1975, la ville accueille l'Université de Haute-Alsace qui privilégie les formations aux métiers de haute technologie et entretient la pérennité de ce qu'on appelle le modèle mulhousien né de l'étroite liaison entre formation, recherche et industrie.
Le Musée de l'impression sur étoffes (MIE) est installé dans un bâtiment prestigieux construit par la SIM vers 1883, assorti d'une entrée triomphale débouchant sur un escalier monumental. Issu de collections rassemblées dès 1883 (3 millions d'échantillons et de dessins préparatoires et plus de 50.000 documents textiles... Nous avons eu l'insigne privilège de pouvoir pénétrer dans le Saint des saints et admirer une partie de ces merveilles !) et profondément restructuré en 1996, le MIE est à la fois le plus vieux et le plus récent des musées mulhousiens. Il s'est doté d'équipements modernes et de structures indispensables pour assurer au mieux sa vocation, soit celle de mettre en valeur un patrimoine textile exceptionnel. Précieux témoignage de près de trois siècles de créativité humaine, sa présence à Mulhouse comme l'importance de ses précieuses collections sont liées au développement du Sud-Alsace.

Musée de l'impression sur étoffes à Mulhouse

2/ Eguisheim  

C'est un grand nom en Alsace. C'est un menhir sur lequel s'inscrivent en caractères runiques d'augustes souvenirs de l'histoire de l'Alsace. Il évoque l'ancienne race des Etichonides, race qui a donné des souverains à la France et à l'Allemagne, des ducs à la Lorraine et à l'Alsace, des margraves au pays de Bade... Eguisheim, c'est comme une cloche qui résonne à travers les siècles, portant ses vibrations vers les trônes d'Europe, vers les clochers de couvents et d'abbayes... et jusqu'à la coupole de Saint-Pierre !
Les participants, malgré un crépuscule naissant, eurent tout loisir pour emprunter les rues circulaires de ce vieux bourg viticole qui suivent la trace des remparts et qui permettent l'une des plus jolies visites alsaciennes, dans un pittoresque décor 'à la Hansi' où l'on flâne parmi les fontaines renaissance, les maisons à oriel et à pans de bois (encore généreusement fleuries) ou les cours profondes à larges auvents.
Les vestiges du château - construit au XIIIe siècle par l'évêque de Strasbourg a l'emplacement de l'antique castel bâti vers 720 par un Etichonide, le comte Eberhardt, petit-fils d'Adalric (ou Etichon) troisième duc d'Alsace... et père de Sainte Odile - s'encastrent au centre du village. C'est dans ce château que naquit le 21 juin 1002 sous le nom de Bruno (ou Brunon) d'Eguisheim, le deuxième fils d'Eberhardt, premier comte d'Eguisheim et de Helvige de Dabo et qui, en 1049, devint pape sous le nom de Léon IX... notre pape alsacien.
L'église Saint-Pierre et Paul (XIIe siècle), reconstruite en 1807-1809, abrite, sous le clocher-porche, une chapelle qui conserve le beau tympan romano-gothique du Xe siècle de l'ancien portail, tympan orné d'un Christ en majesté entre les saints Pierre et Paul ainsi qu'un linteau représentant la parabole des Vierges sages et des Vierges folles. Dans le champ de l'ancienne porte a été installée une Vierge ouvrante en bois polychrome datant du début du XIVe siècle; ce serait, avec celle exposée au Musée d'histoire locale de Kaysersberg, les seuls exemplaires de Vierges ouvrantes existant encore en Alsace.
Eguisheim vaut vraiment le détour 'Qu'on se le dise' !

Vieilles rues typiques à Eguisheim

3/ Wettolsheim  

Il est 19 h 30 lorsque - sous une pluie battante - nous rejoignons l'hôtel-restaurant "La Palette" à Wettolsheim (bourg viticole voisin d'Egisheim) ou nous accueille, la mine ravie, un dénommé Henri Gagneux qui exploite depuis peu, dans les locaux somptueusement rénovés de l'ancienne auberge du père Floranc, un restaurant gastronomique baptisé "La Palette". Qui se souvient encore du périple organisé pour l'AVAB un samedi 21 octobre 1995 à Neuf-Brisach par notre confrère et ami Patrice Robert . A l'issue de la réception par M. le Maire dans sa bonne ville "de Vauban", nous avons été les hôtes (particulièrement gâtés) du jeune chef qui, peu de temps auparavant, venait de se parachuter à Neuf-Brisach, dans les locaux (certes quelque peu exigüs) de son restaurant baptisé "La Petite Palette". Tout ce qu'on peut dire de Henri Gagneux (resté le même qu'il y a 10 ans à Neuf-Brisach, toujours aussi affable et souriant), c'est qu'il n'a pas perdu la main en nous comblant avec un menu gastronomique concocté de pair avec Pierre Haas et sa charmante épouse Andrée.

Bravo à tous !

André HEINRICH


Rencontre de printemps 2006 dans la région d'OBERNAI

Date : samedi 24.06.06 - Participants : 38 - Organisateurs : Pierre HAAS / André HEINRICH / Pierre VOGT - Programme en trois étapes : 15 h 00, visite de la marqueterie d'art Charles SPINDLER à 67530 Boersch/Saint-Léonard - 17 h 30, promenade-découverte dans le Parc du Domaine du Windeck à 67530 Ottrott-le-Bas - 19 h 30, Hôtel-Restaurant "Le Moulin" route de Klingenthal, à 67530 Ottrott (Conférences sur l'Influenza aviaire et repas convivial).

1/ Marqueterie d'art Charles SPINDLER, 3 Cour du Chapitre à Boersch Saint-Léonard

C'est l'histoire d'une dynastie et d'une tradition, qui s'ouvre par une belle porte romane sur un petit monastère bénédictin, au pied du Mont Sainte-Odile, lieu sacré de l'Alsace. Au commencement était une petite abbaye de bénédictins fondée en 1109 sur un modeste coteau couvert de prés et de vignes. Le monastère - consacré à Saint-Léonard (patron des prisonniers) qui vécut au VIe siècle dans le Limousin et y fonda le couvent de Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) - se transforme en 1235 en collégiale de chanoines dépendant du Grand Chapitre cathédral. Incendiée en 1298, trois fois pillée en 1592, 1610 et 1622, la collégiale, restaurée en 1651... sera abolie puis vendue le 14 septembre 1791 comme bien national par le gouvernement révolutionnaire. L'église est détruite en 1839-1840, ses pierres serviront à la construction de l'église de Benfeld alors que... son clocher en forme de bulbe coiffe aujourd'hui l'église d'Ergersheim. Après la suppression de la collégiale, les maisons, vignes et terres sont le plus souvent acquis par des protestants, l'Eglise interdisant aux catholiques d'acheter les biens du clergé.

 

Saint-Léonard en 1836 : à gauche, le calvaire Eber, au fond, le Mont Sainte-Odile (dessin L. Atthalin)

Dès avant la première guerre mondiale (1896-1914), Saint-Léonard devient un important centre culturel régional sous l'impulsion du peintre, aquarelliste et marquetiste Charles SPINDLER (1865-1938), l'enfant de Boersch qui, en 1897, venait d'acquérir l'ancien prieuré (aidé en cela par son ami Anselme LAUGEL, dilettante aisé du voisinage) et y réunissait sous le signe de l'amitié un joyeux cénacle d'artistes tels les peintres Léon HORNECKER et Gustave STOSKOPF, le graveur munichois Joseph SATTLER, les sculpteurs Albert MARTZOLF et Albert SCHULTZ (auteur du Gänseliesel à l'Orangerie), l'historien Fritz KIENER, le peintre badois Lothaire von SEEBACH, les artistes Paul BRAUNAGEL, Léon SCHNUG, Emile STAHL, etc..., qui formèrent le Cercle de Saint-Léonard. Si c'est de cette retraite bucolique qu'est parti le renouveau de l'art et de la culture alsaciens, ces mêmes artistes se rencontraient également dans deux autres lieux de sociabilité : la Mehlkischt (près des anciens Hôpitaux à Strasbourg) et le Kunschthafe (à Schiltigheim).
Cette histoire dynastique et cet état de grâce s'éternisera, au travers de Paul-Henri SPINDLER (1906-1980), le fils de Charles et, depuis 1975 avec Jean-Charles SPINDLER (né en 1948), le petit-fils du fondateur. Dans le petit atelier situé dans l'ancienne Cour du Chapitre, Jean-Charles SPINDLER et son équipe perpétuent la tradition de la marqueterie d'art qui, depuis l'Exposition universelle de Paris en 1900, fait la renommée d'une famille et d'une province de France présentes dans le monde entier. Sur les rayons de l'atelier, de fines plaques de placage taillées dans tous les bois du globe s'empilent dans l'attente de leur métamorphose : elles proviennent des bois de France (noyer, aulne, peuplier, olivier, buis, acacia, etc...) et du monde (loupe d'amboine blonde ou rouge des Célèbes, loupe de thuya du Maroc, amarante violette du Brésil, ébène noir des Indes, érable du Canada, tulipier vert de Virginie, sycomore blanc, bois de rose du Brésil, etc...), soit près d'une centaine d'essences différentes dont les fibres éclatées ou les caprices donnent ces collines bleues, voire ces villages assoupis dans la plaine. Assemblées les unes aux autres selon une technique parfaitement maîtrisée, ces petites pièces se rêvent en pimpants tableaux avec des cigognes en peuplier, des pignons en loupe d'aulne, une cathédrale ou des tabliers d'Alsaciennes en tulipier qui font le bonheur d'amateurs d'art et de chercheurs de beauté de tous les pays venant sonner à la grille de l'ancienne maison des chanoines.

2/ Domaine du Windeck à Ottrott-le-Bas / Promenade-découverte dans le parc paysager

Si la plupart des habitants de la région prétendent connaître le château et le parc se trouvant au 51, rue principale, au point de jonction entre Ottrott-le-Bas et Ottrott-le-Haut, par contre peu nombreux sont ceux qui sont informés de l'histoire dudit "château" et de la richesse botanique que recèle son parc.
Au XIVe siècle, le Windeck est une ancienne seigneurie aux mains des Rathsamhausen zum Stein, une lignée de la noblesse alsacienne. En 1770, le lieutenant-colonel Joseph de Pascalis, se disant "seigneur du Windeck" (décédé le 26.10.1786), fait édifier le château actuel, une demeure de style XVIIIe français, de plan rectangulaire à neuf travées d'ouverture sur deux niveaux couverts d'un toit brisé. Le domaine, après avoir appartenu successivement à MM. Laquiante et Rey, propriétaires terriens strasbourgeois, est acquis en 1834 par le colonel du génie Laurent Atthalin, directeur des fortifications de Strasbourg. En août 1835, sa fille Cécile épouse Armand Théodore de Dartein, homme d'affaires de Strasbourg lequel, à la mort de son beau-père la même année, devient propriétaire de la demeure et de son clos ; c'est lui qui donnera au parc les grandes lignes de sa configuration actuelle. Dans cette perspective, il agrandit son bien de plusieurs parcelles, notamment celle où se dresse l'édifice ruiné dit "ruine d'Altenkeller" (1180), à proximité de la chapelle romane (XIIe s.) consacrée à Saint Nicolas. Pour conférer un aspect castral et romantique à cette ruine, Dartein y introduit notamment deux grandes fenêtres à baies géminées "empruntées" au château de Guirbaden, d'autres éléments provenant de l'abbaye de Niedermünster, toute proche. Quant au parc (d'une superficie de 11 ha), il est agrémenté de plusieurs plans d'eau reliés à un réseau de canaux d'irrigation ; ses arbres font une large place aux essences d'origine européenne, exotique et américaine. On y admire par exemple plusieurs "Sequoia gigantea" de plus de 45 m de haut et de près de 4 m de diamètre à la base.
En 1858, Théodore de Dartein vend château, parc et clos au baron Léon Renouard de Bussière -un rameau de la lignée des Renouard de Bussière implantée à Strasbourg/Robertsau "ens Renouard's Guet"- domaine qui, suite au mariage de la gracieuse Mélanie Renouard de Bussière avec le comte Edmond de Pourtalès, bel homme... et belle fortune, prendra le nom de Château de Pourtalès, un site apprécié des Strasbourgeois. Installé à Ottrott, Léon Renouard de Bussière réalisera d'importantes modifications sur la maison et sur les dépendances, poursuivra les plantations dans le grand parc et unifiera le parc en une seule entité. En 1915, Marthe, la fille de Léon Renouard de Bussière, épouse du colonel de Witt-Cuizot, héritera du domaine à la mort de son père. Les de Witt-Cuizot feront de nombreux séjours à Ottrott ; une de leur fille, Françoise, épouse de M. Guy Brocard, devient propriétaire du domaine en 1952. En 1964, le château du Windeck et son parc sont vendus par les Brocard à l'association catholique "le Foyer de Charité d'Alsace". Depuis 1965, grâce à ce rachat, le domaine a pu être maintenu dans sa quasi-intégralité. Le parc paysager -ouvert au public- allie à l'esthétique "sauvage" de son site et de sa composition, l'avantage de représenter un véritable conservatoire d'espèces arbustives (près d'une centaine y sont recensées) où l'importance accordée aux essences exotiques traduit bien l'orientation des préoccupations botaniques d'un amateur éclairé du XIXe siècle.

3/ Hôtel-Restaurant "Le Moulin" à Ottrott Klingenthal (Lieu-dit Kupferhammer)

Rappelons que l'année 1730 marque une date importante dans l'histoire de la région d'Obernai ; ce sera l'année de la création de la Manufacture royale d'armes blanches dans la vallée de l'Ehn, à peu de distance des villages de Boersch et d'Ottrott. Cette manufacture, dont les premiers ouvriers seront originaires de Solingen (D) et comportant forges, martinets, ateliers de fondeurs, trempeurs, limeurs, graveurs, aiguiseurs, etc..., va donner naissance au village de Klingenthal (vallée des lames) et apporter prospérité, prestige et renom à toute la province d'Alsace. Comme mentionné dans l'en-tête, la troisième étape de la rencontre comportera deux volets : les conférences sur l'Influenza aviaire et l'apéritif-repas.

1. Les conférences sur l'Influenza ou "Grippe" aviaire

a) Dr Lucien GANGLOFF, vétérinaire e/R spécialiste des faunes domestique et sauvage. Après avoir défini cette virose et rappelé sa synonymie, le confrère développe son historique, sa répartition géographique, ses manifestations cliniques et indique les espèces sensibles. Le conférencier, après avoir donné de plus amples informations sur le virus (Orthomyxovirus de la classe A, à l'origine des grippes animales et humaines, génome à 8 segments, glycoprotéines H [16 types] et N [9 types] dont les plus pathogènes sont H1, H5, H7 et H9, la possibilité de réplication et de réassortimentation, etc...), abordera la résistance et les modalités de transmission (directe et indirecte) du virus, sa pathogénicité, le rôle prépondérant de l'homme dans sa propagation et enfin la prophylaxie (essentiellement sanitaire) de l'affection chez l'animal et le traitement de la maladie chez l'homme.

b) Dr Rémi GUERRIN, Directeur des Services Vétérinaires du Bas-Rhin. Il animera son exposé par la présentation de transparents, mettra l'accent sur la médiatisation excessive du problème de la "Grippe" aviaire, entretiendra son auditoire sur le rôle du réseau SAGIR, sur les différentes voies de migrations empruntées par le virus, et précisera les modalités de mise en place des mesures de police sanitaire, tant dans le foyer que dans les zones de protection et de surveillance.

2. L'apéritif-repas convivial
, d'une exquise qualité, clôturera fort agréablement cette belle sortie printanière. Au cours de la soirée devait être abordé le problème de la rencontre d'automne 2006 - en octobre en pays de Bade - et de la commémoration du 30ème anniversaire de la fondation de l'Amicale Vétérinaire Alsace-Bade / Badisch-elsässische Tierärztevereinigung (AVAB/BETV).

André HEINRICH

 


Rencontre d'automne 2006 à BADEN-BADEN
(30ème anniversaire de la fondation de l'Amicale)



 

Date : samedi 14 octobre 2006 - Participants : près de 50 personnes ­ Organisateurs : Horst HAGENLOCHER et André HEINRICH - Programme : 15 h 30, rendez-vous à la station City-Bahn près du Kurhaus - 15 h 40, visite guidée de Baden-Baden en City-Bahn, ensuite choix entre : excursion avec funiculaire au sommet du Merkur (668m) / visite des oeuvres de Marc CHAGALL au musée Frieder BURDA / flânerie en ville - 18 h 00, rendez-vous à l'hôtel Steigenberger Badischer Hof / 18 h 30, au Festsaal, conférence historique de M. Gerhard HERTEL, Allocutions de circonstance, apéritif à 20 h 30, repas convivial dans le "Salon Rouge".

Quelques mots concernant Baden-Baden : dans un site abrité de la vallée de l'Oosbach, entre la Forêt-Noire et le vignoble badois, Baden-Baden (50 000 habitants) est sans doute la plus luxueuse des stations thermales d'Allemagne. Le climat particu-lièrement doux et le grand choix de distractions : cures, musique, expositions, congrès, etc... ne manquent pas d'attirer en toute saison une clientèle cosmopolite, élégante et fortunée.
C'est une ville de cure : les sources d'eaux chaudes y sont exploitées dès la fin du Ier siècle ap. J.C. par les Romains. L'empereur Caracalla (118-217) venait soigner ses rhumatismes à Aquae Aureliae. Sous l'occupation alémanique (deuxième moitié du IIIème siècle), déclin de l'activité thermale qui reprendra au XIIème siècle, sous l'impulsion des margraves de Bade (lignée des Zaeringen). Les thermes de Caracalla (1985), complexe balnéo-thermal polyvalent, sont de renommée mondiale.
C'est une ville des jeux depuis le XIXème siècle, grâce aux efforts de l'homme d'affaires françals Edouard Benazet. C'est également une ville de grande culture tant architecturale (Fr. Weinbrenner) que musicale (nouveau Festspielhaus depuis 1998), d'activité artistique (musées réputés dont celui de la Fondation Frieder Burda ouvert depuis 2004) et sportive (tournois de tennis, courses de plat organisées au printemps et en automne à Iffezheim par le Jockey Club de Paris, etc...).
Baden-Baden accueille également chaque année de nombreux congrès nationaux et internationaux.
C'est au Sud de cette ville enfin, dans le romantique vallon du Lichtenthal, que se trouve l'abbaye cistercienne fondée en 1245 par la margravine Irmengard de Bade ; cette abbaye constitue aujourd'hui le plus ancien monastère du pays de Bade. La chapelle princière (1288) abrite entre autres la niche mortuaire du comte jean III de Lichtenberg (Alsace / =1324), l'arrière petit-fils de la fondatrice.

1/ Visite guidée en mini-train (City-Bahn). Long d'environ 12 km, le circuit permet en un peu plus d'une heure d'admirer les sites les plus remarquables de Baden-Baden, tels le Kurhaus et son casino, les musées et les théâtres, le parc arboré de la Lichten-thalerallee, le Kongreßhaus, la Gönneranlage, la fontaine des hérons, les établissements balnéaires (dont les thermes de Caracalla), les cascades du Paradies, le Leopoldsplatz, la Langestraße, la Kaiserallee, l'hôtel Badischer Hof (ancien couvent de Capucins), le Festspielhaus (2 500 places) construit en 1998 en annexe de l'ancienne Gare, la Trinckhalle, etc... A mi-parcours, la City-Bahn atteint la station inférieure du funiculaire, celui-ci permettant après un trajet de 1 200 m (et une pente de près de ... 54%) entre une double haie de rhododendrons, d'accéder à la tour panoramique du mont Merkur (668 m) du sommet de laquelle le valeureux touriste bénéficiera d'une très belle vue sur la ville, le proche massif de la Forêt-Noire, la plaine rhénane et (par beau temps)... les Vosges.
Certains de nos collègues, mettant à profit leur séjour à Baden-Baden, ajouteront à leur program me la visite du musée de la Fondation Frieder Burda (ouvert depuis octobre 2004) où se trouvaient exposées (jusqu'au 29.10.06), de nombreuses peintures de Marc Chagall, chef-d'oeuvres prêtés pour la circonstance par des musées français et russes.
 

 

Le Kurhaus

2/ Commémoration du 30ème anniversaire de la fondation de l'Amicale. Rassemblement des participants à 18 h au Festsaal de l'hôtel Steigenberger Badischer Hof. Le maître de cérémonie - le Dr Freiherr Edgar von Cramm, président de la section badoise de l'Amicale - salue la nombreuse assistance, met l'accent sur la solennité de cette journée du souvenir et présente les excuses du représentant de la municipalité (empêché). Il demande, ensuite aux participants de bien vouloir honorer la mémoire des celles et de ceux des membres qui nous ont quitté en les priant d'observer une minute de silence, après quoi il cède la parole aux trois orateurs prévus au programme.

-M. Gerhard Hertel, historien à Freudenstadt, traite le thème :

"L'Alsace, pomme de discorde entre l'Allemagne et la France ."

Voici résumé l'essentiel de son discours :

L'Alsace, du fait de sa situation et de ses richesses, a été, au cours des siècles, l'objet de convoitises de ses deux grands voisins, d'où la notion de "pomme de discorde". Ayant appartenu dès 962 au Saint-Empire Romain Germanique puis rattachée en 1648 à la France de Louis XIV suite à.la calamiteuse Guerre de Trente Ans, elle devient la marche du Royaume face au Saint-Empire Romain Germanique. Son annexion en 1871 cimentera le nouvel État allemand dont elle apparaissait comme un rempart.
Trois guerres (1870-71/1914-18/1939-45) ont disposé de son territoire et meurtri ses habi tants. Un Alsacien né français en 1860 est devenu allemand en 1871, français en 1918, à nouveau allemand en 1940 et a pu (si Dieu lui avait prêté vie !) retrouver la nationalité de sa naissance en 1944. Vexations, chagrins et rancunes ont accompagné ces changements.
La situation géographique de l'Alsace permet de comprendre ces déchirements ; cette province est située au coeur de l'Europe, au bord du Rhin, au croisement des routes empruntant sa vallée et de celles qui la traversent. Les Germains ne l'ont-t-ils pas dénommés "Srateburg" : ville des routes . Les Alsaciens, loin d'être un peuple homogène, sont le fruit d'un brassage incessant de populations. Ayant su et souvent dû, combiner les forces et les faiblesses des civilisations française et germanique, ils se sont forgé une identité où se lit cette double origine. Une foi religieuse vivace, des associa-tions florissantes. et plus anciennes qu'ailleurs, telles sont les valeurs traditionnelles sur lesquelles se fonde la personnalité alsacienne. Depuis le IVème - Vème siècle, la culture de l'Alsace est marquée à travers l'histoire et la langue par une appartenance germanique qu'au cours des trois derniers siècles la pensée et la langue française ont pénétrée profondément.

Le poète allemand Heinrich Heine (sa tombe se trouve depuis 1856 au cimetière de Montmartre) considérait les peuples allemands et français comme "les peuples élus de l'Humanité". Le Traité de l'Elysée signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer scellera la réconciliation entre les deux pays après des siècles de conflits meurtriers. Il n'y a donc plus de pomme de discorde 1

- Le Dr André Heinrich, membre fondateur/secrétaire-trésorier de l'AVAB depuis 1976 présente d'abord, à toutes et à tous, les salutations confraternelles et cordiales félicitations de son ami André Desbois (président de France-Allemagne Vétérinaire) de même que ses regrets de ne pas être présent à Baden-Baden en ce jour anniversaire pour, notamment, saluer la mémoire des pionniers-fondateurs d'Alsace-Bade, aujourd'hui disparus : Bossert, Pfister, Veltz, Zimmer, Kollofrath, Stülpnagel, etc...
L'orateur cite ensuite les dates-clés depuis la réconciliation franco-allemande. 1948 : fondation de l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg ; 1950 : jumelage Montbéliard- Ludwigsburg ; 1959 : appel du général de Gaulle à la jeunesse allemande ; 1963 : le 22 janvier, signature du Traité de l'Elysée par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer... et le 5 juillet, création de l'OFAJ (Office franc-allemand pour la jeunesse). jusqu'au rapprochement des vétérinaires de part et d'autre du Rhin. Octobre 1970 à Garmisch-Partenkirchen : création de l'Union Européenne des Vétérinaires Praticiens (à l'initiative d'ailleurs des confrères français !) et naissance de l'amitié Desbois/Hagenlocher ; septembre 1971 : appel d'André Desbois aux vétérinaires allemands par la presse pro-fessionnelle ; septembre 1973 : rencontre de vétérinaires français et allemands à Beaune (où germera l'idée de la création d'une Amicale entre vétérinaires alsaciens et badois) ; puis, le 22 juin 1974, publication officielle de la création de l'AFAV-DFTV (Association France-Allemagne Vétrérinaire ou Deutsch-Französischer Tierärzte Verband e.V.). et enfin le 9 octobre 1976 : fondation à Baden-Baden de l'AVAB-BETV (Amicale Vétérinaire Alsace-Bade ou Badisch-elsässische Tierärzte Vereinigung e.V), le groupe alsacien de l'AVAB-BETV étant à considérer en fait comme une section de l'AFAV.

- Dr Horst Hagenlocher à D-Eutingen. En sa qualité de père fondateur de l'AVAB/BETV il brosse, avec son éloquence habituelle, le tableau des tenants et des aboutissants inhérents à la création de cette passerelle réunissant à présent un nombre important de confrères et de consoeurs de part et d'autre du Rhin, un fleuve qui, dans le cadre de l'Union Européenne, a cessé d'être une frontière.
Il reconnaît que la création (un tant soit peu dystocique, au départ du moins... et ce pour diverses raisons parmi lesquelles un certain et inévitable ressentiment !) a néanmoins pu aboutir grâce à l'engagement personnel et tout dévoué de certains confrères... et de citer tout en les remerciant : Victor Lux, André Heinrich, Helmuth Schoder, Matthias Stülpnagel, etc...
Il rend hommage également aux présidents des deux sections (les confrères Edgar von Cramrn et Pierre Haas) et à leur conseil d'administration respectif pour la somme de travail qu'ils déploient pour que vive l'Amicale, et les exhorte à porter un regard particulier sur l'important et délicat problème du recrutement de nouveaux membres, de jeunes éléments esentiellement.

- Le repas convivial. Après l'apéritif, les participants rejoignent le "Salon Rouge" où leur est servi le traditionel diner convivial, particulièrement bien choisi pour la circonstance.

Au cours du repas les Drs Jürgen Esslinger (Co-président de l'AFAV-DFTV), Edgar von Cramm et Pierre Haas (les présidents des sections badoise et alsacienne) tinrent à exprimer leur profonde et très sincère gratitude à l'adresse des organisateurs de cette belle et agréable journée commémorative de même qu'ils invitèrent les membres de l'AVAB-BETV à ne pas ménager leur effort pour que puisse progresser "leur" Amicale.

André HEINRICH


Rencontre printanière 2007 en région de D-Lahr


Date : samedi 16.06.07 ­ Participants : 43 ­ Organisateurs : Mmes Beate SCHWING & Michaela VOGT - Au programme, deux étapes : 14 h 30 visite guidée de la ruine restaurée du Hohengeroldseck / 16 h 30 visite guidée, repas, conférence au Stadtpark Lahr / Roseraie / Orangerie.


1/ Le château de Hohengeroldseck


Rappel historique : les seigneurs de Geroldseck, de haute noblesse, possédaient des territoires importants s'étendant des deux côtés du Rhin tant dans la plaine que sur les versants de la Forêt-Noire et des Vosges. Issus de lignages fortunés et très influents, les Geroldseck jouèrent un grand rôle dans l'histoire de l'Alsace et du Pays de Bade ; c'est ainsi qu'ils donnèrent plusieurs évêques et notables à Strasbourg.

Les châteaux de ces dynastes en Alsace : le Petit et le Grand Geroldseck près de Saverne, le château de Schwanau sur un îlot du Rhin près de Gerstheim. Citons en Pays de Bade : le Burg Landeck près d'Emmendingen, à Seelbach, la Wasserburg de Dautenstein, à Seelbach / Schoenberg le Hohengeroldseck, et enfin à Lahr même (1220), un château de plaine à l'origine de la fondation de la ville et dont il ne subsiste aujourd'hui qu'une tour, la Tour des Cigognes, emblème de la cité.

Dans un sauf-conduit adressé le 27 février 1139 à l'abbaye de Gengenbach (Kinzigtal) par le pape Innocent II, est mentionné, pour la première fois, un "castri Geroltesecke". Ce Burg, siège des Geroldseck (branche badoise) avait été construit par ces seigneurs sur un piton rocheux (638 m) dans la montagne entre Lahr et Biberach au lieu-dit "Rauher Kasten". Les dynastes abandonneront bientôt l'ancien château pour intégrer un château d'altitude (525 m) construit en 1250 : véritable forteresse perchée sur un imposant cône basaltique, le Hohengeroldseck est situé à proximité du col de Seelbach/Schoenberg (265 m), point culminant de la route B-415 (Lahr / Biberach-Kinzigtal), l'ancienne route romaine reliant l'Alsace à l'Allemagne du Sud, via les vallées de la Schutter et de la Kinzig.

Un double rempart (dont une partie bastionnée) entoure l'édifice. On accède au château par trois portes dont une dotée d'un pont-levis. En dehors des deux logis seigneuriaux (en grès et roche primitive) érigés sur le cône basaltique, le Hohengeroldseck comportait une série de bâtiments annexes (forge, écuries, logements du personnel, etc...). Un puits profond de près de 65 m avait été foré dans la roche, entre les deux logis ; il n'était d'ailleurs accessible que de l'intérieur du Burg. Quant aux deux logis, ils étaient eux-même séparés par une passerelle munie d'un pont-levis.

Le château résiste vaillamment à deux sièges, en 1424 et en 1486. En 1599, Jakob de Geroldseck choisit comme résidence privée et officielle le château (de plaine) de Dautenstein, dans la vallée de la Schutter à Sellbach ; il y meurt en 1634 sans descendance masculine. En 1635, le territoire des Geroldseck passe en tant que fief autrichien au comte Philipp von Cronberg (Taunus). En 1688, après l'occupation du château par les troupes de Louis XIV sous le commandement du maréchal Créqui, le Burg est détruit au cours d'un incendie au printemps 1689. Après l'extinction de la famille von Cronberg, le fief de Geroldseck passe en 1692 au baron von der Leyen à Blieskastel. Les von der Leyen sont à ce jour toujours propriétaires de Hohengerold-seck.





Le château de Hohengeroldseck (gravure du XVIIe siècle)

La restauration du château, sous l'égide du Grand Duché de Bade, s'étendra de 1892 à 1901. En 1897, intervention de la section de Lahr du Schwarzwald-verein. En 1958, création de la Société pour la conservation de la ruine de Hohengeroldseck qui engagera d'importants moyens pour la restauration de la citadelle.

Ne manquez pas, le jour où vous passerez dans la région, de visiter le Burg restauré ; vous pourrez y jouir d'une vue panoramique d'une rare beauté.

2/ Au Stadtpark de Lahr

La seconde étape s'est déroulée dans l'enceinte du Stadtpark (parc municipal) comprenant espaces arborés, roseraie, orangerie et villa-musée.

A 16 h 30, visite guidée des différents agencements du parc sous la conduite de M. Richard SOTTRU, responsable du Service des espaces verts de la ville, qui nous narre l'historique du site.

C'est en fait l'histoire d'un certain Christian Wilhelm JAMM, enfant de Lahr où il vit le jour le 30 juin 1809. Issu d'un milieu modeste, le personnage, animé très tôt d'un esprit mercantile, se spécialisa dès ses 25 ans dans le commerce des tissus (coton, soie, etc...) et du tabac ; il était de surcroît un grand voyageur du fait de ses activités (Afrique du Sud, Paris, Amérique Centrale dont Cuba...). Après un séjour de vingt ans à la Havanne où il exploita un important comptoir d'import-export, il revint dans sa ville natale où - entre 1859 et 1861 - et sous la conduite d'architectes et entrepreneurs français, il se fit construire une somptueuse maison de maître qu'il entoura d'un parc arboré (sur les conseils de paysagistes français), l'ensemble étant ceint d'un haut mur mettant l'intéressé - célibataire multimillionaire au caractère et au comportement quelque peu particulier - et ses compagnons (un domestique francophone... et deux dogues), à l'abri des regards indiscrets.

Lors de ses fréquents déplacements pour affaire à Paris, il y rencontre Mme Amélie de Cantillon, la fille (mariée) d'un collaborateur (hélas désargenté !). Christian Wilhelm JAMM s'éprendra de cette personne (qui tenait à ce qu'on l'appelle "Mademoiselle"), mais le coeur de la belle restera fermé malgré les avances répétées du prétendant ; ce qui n'empêcha pas la dite Mademoiselle de voir un jour figurer son nom sur le testament de son admirateur !

Christian Wilhelm JAMM meurt le 7 ami 1875. Dans son testament du 15 février 1874 - en dehors d'une confortable rente destinée à Amélie de Cantillon - il léguera à Lahr, sa ville natale, le parc et ses dépendances ainsi que la villa. Lahr ne manquera pas d'entretenir ce précieux héritage avec fierté et amour... en lui consacrant annuellement un budget de fonctionnement de 350.000 Euro ! Quant à la villa, aujourd'hui ouverte au public, elle a été aménagée en musée.

Depuis 1873, le Stadtpark a subi de notables extensions, sa superficie actuelle étant de 4,5 hectares. Entre 1982 et 1985, la ville de Lahr y a aménagé une roseraie, s'inspirant pour ce faire des plans du parc de Bagatelle à Paris : le visiteur peut y admirer dès la mi-juin près de 250 variétés de roses en pleine floraison. Un spectacle unique ! Quant aux anciennes serres construites en 1860, elles ont été remplacées par un bâtiment servant de remise à de splendides palmiers et autres plantes exotiques, l'Orangerie, dont la rénovation remonte à 1997. Depuis peu, un parc animalier est venu compléter l'ensemble.

Les participants à la rencontre du 16 juin - par ailleurs gratifiés d'un temps particulièrement clément - se sont, sans exception, dits émerveillés par la beauté et l'entretien exemplaire du site. Félicitations.

Vers 19 h 00, après l'apéritif pris en pleine roseraie, un repas convivial fort magistralement apprêté par un traiteur du cru et servi sous la verrière de l'Orangerie a été unanimement apprécié. En fin de soirée - toujours dans l'Orangerie - le Dr. Wieland BECK, notre confrère de l'Institut de Médecine tropicale et de Parasitologie de la Faculté vétérinaire de Munich nous a fort agréablement surpris par la qualité et (surtout) l'originalité de son exposé sur la mise en évidence, sur certains Rongeurs (NAC) et sur l'Homme, de la présence d'Ornithonyssus bacoti, acarien hématophage, hôte habituel du Rat. Le conférencier a su passionner son auditoire en développant, avec trois exemples bien ciblés, l'étiologie de cette "nouvelle et curieuse" zoonose. Cette soirée se terminera, à la satisfaction générale, par quelques pas de danse sur une musique distillée par l'auteur d'un "One man show".

André HEINRICH



 Rencontre d'automne 2008 dans la Réserve naturelle du Taubergiessen,
sur la rive droite du Rhin, en territoire binational



Date : samedi 11 octobre 2008 – Participants : 44 (dont 8 enfants) - Instigateur-Organisateur : Hans-Peter KOCH assisté d’André HEINRICH. Programme proposé : 14 h 45, rendez-vous au Restaurant Engel à D-Kappel/Grafenhausen : petit en-cas. Transfert par navettes vers l'embarcadère, au lieu-dit Saukopfbrücke, puis embarquement sur barques plates pour la descente (durée: l h 30) de la rivière principale de la Réserve (un Giessen), tout en méandres et eaux limpides, alimentées par la nappe phréatique (ici on parle de Brunnwasser voulant signifier eau de fontaine).

Après environ 8 km - à travers une impressionnante et luxuriante forêt-galerie ou le long de vastes prairies sèches - la visite se termine au débarcadère du lieu-dit Gifitsbrücke. C'est d'ailleurs ce cours d'eau (en réalité long d'environ 15 km) qui a donné le nom à la Réserve. Autre détail d'importance la plus grande partie de la Réserve du Taubergiessen est située en territoire français, sur le ban de la commune de F-Rhinau.


Une promenade de santé empruntera la digue des hautes-eaux puis retour (par navette) vers D-Kappel/Grafenhausen pour la visite guidée d'un ancien pressoir (moulin) à huile, au centre de la commune ; construit entièrement en bois de chêne, le pressoir, mû par traction animale, est toujours en service ; sur le linteau de la porte d'entrée, le millésime : 1627.

Le repas fort convivial servi au Restaurant Engel clôturera ce bel et agréable après-midi d'automne vécu, à la satisfaction de tous, dans un des lieux les plus insolites de la plaine rhénane, un lieu à découvrir voire à redécouvrir, de préférence en mai-juin, la période de floraison des nombreuses espèces d'orchidées.


                                                                               
Quelques vues du Taubergiessen - de gauche à droite :  La "Saukopfbrücke",  départ des circuits en barque - Vieux bras du Rhin - Orchidées du Taubergiessen
                                                       
(Photos Maurice Kretz)

Le Rhin, cet inconnu ! Victor Hugo, ce génie sans frontières selon Baudelaire, écrivait dans la préface de son recueil Le Rhin (1839) que « le Rhin est le fleuve dont tout le monde parle mais que personne n'étudie, que tout le monde visite et que personne ne connaît, qu'on voit en passant et qu'on oublie en courant, que tout regard effleure et qu'aucun esprit n'approfondit... » Acceptez que je m'emploie, dans les lignes qui suivent à combler d'éventuelles lacunes !
Le Rhin - charnière de civilisations - a sa source à 2.342 m d'altitude en Suisse, dans les Grisons, au pied du versant N.E. du Saint-Gothard (la source du Rhône jaillit sur le versant opposé). Le long de son cours de 1.320 km, le Rhin baigne cinq pays : la Suisse (et la principauté de Lichtenstein), l'Autriche, l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Avec un bassin hydrographique versant de 224.000 km2 (dont 36.000 km2 en provenance des Alpes), il est le premier fleuve d'Europe occidentale.
Tributaire tout d'abord du Danube (Mer Noire), puis de la Saône et du Rhône (Mer Méditerranée), il envahit, au début du Quaternaire, le Rheingraben ou fossé rhénan, ce fossé d'effondrement alsatico-badois taillé, à la fin du Tertiaire, dans l'ancien socle primitif du massif hercynien, pour se diriger vers la Mer du Nord. Durant les glaciations successives du quaternaire dont la dernière (Wurm) s'achève voici plus de 12.000 ans, le fleuve avait déposé une quantité colossale de matériaux en provenance de ses affluents mais surtout du bassin versant des Alpes, leurs couches, entre Bâle et Mayence, atteignant une épaisseur de près de 200 m du fait de l'enfoncement continu (un mm/an) du fossé rhénan. Ces matériaux consti-tuent depuis cette époque la roche-réservoir de la puissante nappe phréatique rhénane, une des plus grandes nappes d'eau souterraines d'Europe occidentale ; entre Bâle et Mayence, le volume de cette nappe rhénane est estimé à environ 300 milliards de m3. Les eaux de ces rivières phréatiques se caractérisent par leur limpidité, leur grande fraicheur ainsi que par la faible variation de température tout au long de l'année. L'usage local les appele Brunnwasser, dont la traduction littérale signifie eau de fontaine.
Sauvage et capricieux, le Rhin a ainsi constitué de multiples bras divaguant dans la plaine d'Alsace-Bade, en déplaçant, au gré des crues annuelles (crues nivales) de vastes surfaces dénudées. Lors de ces grandes crues, le Rhin modifiait son cours ; c'est ainsi que, dans le Bas-Rhin, en 1541, lors d'une de ces crues, le Rhin se déporta vers le village badois de D-Kappel, la commune allemande en face de F-Rhinau, élargissant le territoire de cette commune alsacienne de près de 1.000 ha, d'un seul coup. Cette situation ne manqua pas, des centaines d'années durant, de provoquer des frictions et des complications administratives entre la France et l'Allemagne. Dans le territoire ainsi "rattaché" au ban communal de Rhinau se trouvait le bien nommé Taubergiessen, l'actuelle Réserve naturelle classée en 1979.
Pour protéger les zones soumises à des inondations, parfois catastrophiques, la construction, entre 1842 et 1876 - sur chaque rive du fleuve - de deux niveaux de digues (digues de correction, immédiatement au bord du cours d'eau + digues des hautes eaux ou digues d'inondation, bordant la première digue à 1 ou 2 km de distance), fut élaborée par l'ingénieur J.G. Tulla, directeur des Ponts et Chaussées badois, en application d'une convention binatio-nale signée le 5 avril 1840 entre le grand-duché de Bade et la France. La correction du Rhin, à hauteur du Taubergiessen démarrera en 1850 pour s'achever vers 1872. Ces travaux, s'ils portèrent leurs fruits en matière sécuritaire entraîneront cependant des effets pervers au niveau de la navigation. Pour pallier les inconvénients de la correction du Rhin, une opération de régularisation du fleuve (avec pose d'épis en aval de Strasbourg sur 170 km) sera entreprise dès 1911, avec un résultat relatif : le port de Bâle ne restant accessible que par hautes-eaux, la Suisse demanda que la régularisation du fleuve se poursuive de Strasbourg à Bâle.
C'est en 1919 qu'un ingénieur mulhousien, René Koechlin, présenta le projet complet de construction du grand canal d'Alsace avec adjonction de six biefs équipés de centrales hydroélectriques : les deux derniers biefs (Gambsheim et Iffezheim) ont été construits respectivement en 1974 et 1977. Plus de 30.000 bateaux par an empruntent ce canal que longe une route ouverte au public. Depuis 1960, de nombreux bateaux-hôtels assurent - à la belle saison - un service régulier entre Bâle et Rotterdam et sur les autres voies navigables. Rappelons que la flotte commerciale du Rhin est la première du monde.
Depuis la convention de Mannheim de 1868, le Rhin est classé eaux internationales depuis le dernier pont de Bâle jusqu'à la mer du Nord, assurant ainsi à la Suisse le libre accès à la mer. La Commission Centrale pour la Navigation du Rhin, fondée en 1815 lors du Congrès de Vienne, a son siège à Strasbourg (Palais du Rhin) ; il s'agit de la plus ancienne organisation internationale.
Mais toute médaille a son revers : correction, régularisation et canalisation du Rhin ont entraîné une baisse concomitante du niveau de la nappe phréatique et la suppression presque totale de toute possibilité d'épandage des crues (à haut pouvoir fertilisant) dans le milieu ; cette situation est, sans conteste, fortement dommageable, tant pour l'inestimable flore que pour la remarquable et riche faune, exceptionnellement riches dans ces milieux. Concernant plus particulièrement la Réserve naturelle du Taubergiessen, plusieurs objectifs pour la sauvegarde et le développement durable de cette zone alluviale rhénane ont été élaborés et présentés à la signature officielle de la Convention INTERREG III en avril 2006 à D-Kappel et ont obtenus dans l'intervalle l'agrément et le soutien financier de l'Union Européenne ; ces objectifs comprennent, entre autres : l'amélioration de la circulation de l'eau dans les giessen et le lit des principaux cours d'eau à l'intérieur des digues, la restauration de la dynamique des battements de niveaux d'eau, la réhabilitation (par désenvasement) des giessen dont celui du Taubergiessen, et d'une manière très générale, l'amélioration de la circulation de l'eau.
Ce qu'il importe à présent, c'est d'assurer un transfert transfrontalier des connaissances ainsi qu'une coopération transfrontalière fructueuse entre les différentes communes et asso-ciations pour la protection de l'environnement. A cet égard, il est intéressant de mentionner la toute récente visite du site du Taubergiessen, le mercredi 17 septembre 2008, par M. Hubert Falco, secrétaire d'État à l'aménagement du territoire, en présence de Mme Danièle Meyer, maire de Rhinau et du président du Conseil Régional d'Alsace, M. Adrien Zeller. Le repré-sentant du Gouvernement tenait à voir in vivo un exemple de "coopération trans-frontalière réussie"; pour ce faire, il a traversé le Rhin sur le (fameux) bac de Rhinau et s'est fait expliquer, sur place, la nature des travaux qui ont permis la renaturation de la forêt du Taubergiessen : des vannes autorisent désormais les crues écologiques et la dépose des sédiments indispensables à la survie de la forêt rhénane, des bras morts ont été récurés et remis en eaux, des ponts reconstruits, des chemins balisés, etc. La coopération transfrontalière s'est faite d'autant plus facilement que la Réserve naturelle du Taubergiessen - en territoire allemand - est propriété (depuis 1541) de la commune de F-Rhinau ! Encore une particularité alsacienne !
Justement, Rhinau, tout comme l'ensemble de la bande rhénane revitalisée grâce à des financements transfrontaliers et européens, cultive l'esprit de coopération pour développer à présent des équipements de tourisme durable, le projet - s'appuyant sur l'Association Rhin Vivant - a d'ores et déjà été validé dans le cadre de la Convention INTERREG IV.
Et si vous deviez vous aventurer dans les marches de l'Est, ne manquez pas d'inscrire dans votre programme la visite de la Réserve du Taubergiessen (de préférence en mai-juin), ce patrimoine naturel exceptionnel, ce joyau d'environnement préservé (cliquez ici pour voir la carte).

André HEINRICH



Rencontre printanière 2009 à (D) Fribourg-en-Brisgau



Date : samedi 9 mai 2009 – Participants : une vingtaine (ponts des 8 et 9 mai ?) – Organisateurs : Urban Bitzenhofer et Edgar von Cramm - Programme : 14 h 45 : rendez-vous à l'entrée du musée archéologique (S'Colombischlössle) / 15 h 00 : visite guidée du musée  puis temps libre jusqu'à 17 h 00 / 17 h 45 ;  à l'Hôtel Colombi (en face du musée) : A.G. commune (les deux sections réunies) / 18 h 00: conférence du Dr. Dieter Barutzki (changement climatique et parasitoses) / 18 h 45 : discours de bienvenue de l'adjointe Mme Ellen Breckwoldt, remlaçant le maire Dr. Dieter Salomon, empêché. À partir de 19 h 15: repas convivial dans un des salons de l'Hôtel Colombi. 

1° Le musée archéologique (S'Colombischlössle) ou "les tribulations d'une maison de maître".

La paix de Nimègue signée le 10 août1678 mettait fin à la guerre de Hollande ; aux termes d'un traité complémentaire signé la 05 février 1679 par Louis XIV et l'archiduc d'Autriche Léopold 1er, l'Empire cède la ville de Fribourg à la France. Occupée par les troupes royales, la ville est transformée en forteresse par l'ingénieur-architecte Sébastien Le Prestre de Vauban : ce sera la plus importante modificabon que Fribourg subira depuis sa fondation par les ducs de Zähringen en 1210, et dont le château sur le Schlossberg - où jusqu'à 5000 soldats français logeront dans les casernements - sera intégré dans l'enceinte de la forteresse.
En 1698, Fribourg redevient autrichienne. Pour faciliter l'extension de la cité, l'ensemble des fortifications, y compris le château sur le Schlossberg, sera dynamité et les ruines des différents ouvrages converties en vignes, jardins ou parcs. C'est en 1812 que le baron Franz Xaver von Roggenbach aménage dans les vignes, sur l'emplacement d'un des anciens bastions Ouest (le bastion Saint-Louis), un parc arboré de style franco-anglais assorti d'un verger (et de ses dépendances).
En 1858/59, la comtesse Maria Antonia Gertrudis de Zea Bermudez y Colombi qui, après le décès de son époux, le diplomate espagnol Salvador de Zea Bennudez, de Malaga (ils se marièrent en 1832), s'était installée avec ses filles à Fribourg, va acquérir le domaine du baron von Roggenbach. Elle y fera bâtir - au cœur-même du parc, sous la conduite de l'architecte Georg Jakob Schneider (celui-là même qui participa, avec Friedrich Eisenlohr, à la construcbon du château d'Ortenberg, dans la vallée de la Kinzig, près d'Offenbourg), - une maison de maitre de style néogothique (gothic revival style), l'architecture intérieure se singularisant par un luxueux et imposant escalier en fonte.


        

À gauche, le château Colombi, état actuel - À droite, Maria Antonia Gertrudis de Zea Bermudez y Colombi               

Signalons, pour être complet, que la mère de la comtesse, la barone Marie de Colombi née de Borde, veuve, avait également, et ce dès 1830, choisit Fribourg comme son lieu de résidence.
La comtesse décède en 1863, sa fille Christine en 1866. En 1867, les héritiers vendent le domaine (château, vignes, parc, etc) au Receveur des Domaines Joseph Anton Sporer lequel, à son tour et dès 1869, cédera la propriété à Johann Gerhard Thoma, un industriel-fabricant de Todtnau (Haute Forêt-Noire).
En 1899, le petit chàteau Colombi (S'Colombischlössle… pour les Fribourgeois !) et ses dépendances, sont vendus à la ville de Fribourg par les héritiers de Joseph Anton Thoma. À partir de 1909, le château devient le lieu de dépôt et d'exposition du patrimoine culturel de la ville.
Il est épargné lors des terribles bombardements de la ville dans la soirée du 27 novembre 1944, provoquant la destruction de la vieille ville et d'autres quartiers… et au cours duquel on dénombra environ 3000 victimes.
Au fil des années, diverses institutions, tant civiles que militaires, trouvèrent refuge au château Colombi (1947/52), siège du gouvernement (provisoire) de l'État indépendant de Bade-Sud (1952/ 78): la Cour d'Appel est locataire du château… et il fut même question, après le départ de cette haute juridiction régionale, d'y implanter un établissement de jeux (type casino !).
Le 28 novembre 1983 a lieu l'ouverture au public, dans les espaces rénovés du château Colombi, du musée archéologique de Fribourg. Le luxueux escalier décrit plus haut, conduit aujourd'hui le visiteur aux différentes salles aménagées où est présentée l'impressionnante collection d'une très grande richesse issue des fouilles effectuées dans les parties centrale et sud du pays de Bade (Kork près de Kehl / Kappel am Rhein / Bœtzingen-lhringen-Munzingen à proximité du Kayserstuhl-Tuniberg / Heitersheim dans la Markgräflerdand / Altenburg-Rheinau, dans une boucle du Rhin supérieur / Bräunlingen-Hüfingen, au bord de la Breg (le futur Danube) / Bittelbrunn (grotte de Peterfels) près de Engen dans le Hegau, etc.
Au fil de la visite, on plonge ainsi dans la vie des hommes, depuis l'âge de pierre (taillée d'abord, polie ensuite), du bronze et du fer (Hallstatt - La Tène) jusqu'au haut Moyen Âge, en passant par l'époque romaine.
Particulièrement intéressante est la salle dite du trésor (Schatzkammer) aménagée au sous-sol du musée ; y est exposée, entre autres, la riche parure (dont des fibules en or et en argent serties de pierres précieuses), portée dans sa tombe par une dame de la noblesse mérovingienne ; ce trésor, issu d'une sépulture du VIe siècle ap. J.C. a été découverte à Hüfingen, près de l'ancienne voie de communication Colmar / Donaueschingen, à proximité de la divière Breg, petit ruisselet qui, né à moins de 50 km de la frontière française, à 1078 m d'altitude, va se perdre à quelque 2900 km de là, dans les eaux de la Mer Noire, sous le nom de Danube !

2° La conférence du Dr Dieter Barutzki - Le thème : Changement climatique dans notre région et influence sur la progression de certaines maladies parasitaires transmissibles, la leishmaniose en particulier.

Jusqu'à une date récente, les conditions climatiques très avenantes régnant sur les Landkreis dans l'extrême sud du Land Bade-Wurtenberg faisaient appeler cette région de Toscane allemande. Cela aurait tendance à vouloir changer, les moyennes de température relevées entre 1961 et 1990 dans œ territoire s'étant accrues de 2,5 à 3,0°C et qu'on assiste, d'une part à l'accroissement du nombre de jours > à 25°C, d'autre part à la diminution des jours de gel ainsi qu'à l'augmentation des précipitations hivernales et, en corollaire, à la diminution jusqu'à 40% des précipitations estivales. Ces phénomènes tendraient à favoriser l'augmentation du nombre possible de cycles des arthropodes et culicidaes vecteurs, permettant ainsi leur pullulation en même temps que celle du nombre des petits rongeurs-hôtes. S'ajoutent à ce phénomène la présence de biotopes dits ouverts, tels que forêts caducifoliées hétérogènes, landes suburbaines, bordures de chemins herbeux, clairières et friches, des zones à bonne couverture végétale assorties d'un taux d'humidité supérieur à 85%. Des facteurs sociologiques et culturels particulièrement favorisants comme par exemple les transformations du mode de vie vantant le temps libre et les loisirs (le retour à la nature), l'exode urbain vers la campagne, les voyages sur de longues distances, le port vestimentaire peu ou pas adapté à l'actvité, l'effet protecteur réduit des vêtements contre les morsures et les piqûres des vecteurs (repas sanguin sur l'hôte réceptif final), viennent compléter le tableau. Enfin nos animaux de compagnie (dont les chiens) représentent un risque épidémiologique particulièrement important car entrant facilement en contact avec tiques et autres parasites, à l'occasion de sorties nature en compagnie de leurs maîtres.
Suite à ces observations liminaires, le conférencier énumère - à l'appui de nombreux tableaux projetés sur écran - en plus de la liste des principaux agents infectieux rencontrés en Allemagne du sud-ouest dans le ressort du laboratoire qu'il a en charge : les babesioses, les rickettsioses (Anaplasma et Ehrlichia), les leishmanioses, les dirofilahoses, les affectons à Angiostrongylus vasorum et Crenosoma vulpis ainsi qu'à Thelazia callipœda, etc., - les méthodes de diagnostic mises en oeuvre ainsi que les mesures de prophylaxie et les conseils de traitements applicables en la circonstance.
Le Dr. Barutzki commente la découverte et l'examen - en 2007 - d'un moustique Tigre (Aedes albopictus) se rencontrant habituellemnt en Madagascar, en ex-Papouasie (Nouyvelle-Guinée) ou dans le nord de l'Australie; ce redoutable piqueur peut être l'agent de la Fièvre de Chicunguya, de la Fièvre du Nil, voire de la dengue (fièvre rouge).
Le Dr Barutzki concluera sa conférence - unanimement appréciée - en déclarant :
• la babésiose du chien et l'anaplasmose sont présentes en RFA à l'état endémique, et ce depuis plusieurs années.
• il faut s'attendre à une augmentation de la babésiose en raison de l'extension des tiques vectrices
• le caractère endémique de la leishmaniose canine est en discussion ; cette affection canine peut, actuellement du moins, être considérée comme limitée à l'échelon régional.
• l'apparition d'une ehrlichiose endémique paraît possible,
• des infectons autochtones de Dirofiliaria immitis et Dirofilaria repens comme par Thelazia callipaeda sont probables.
• on constate enfin - cela n'a d'ailleurs rien d'étonnant compte-tenu de la pullulation actuelle du renard - une recrudescence d'infections par Angigrogylus vasorum et par Crenosoma vulpis.


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    André -Xavier HEINRICH


 
Rencontre printanière 2010 à Ribeauvillé (F)


Date : samedi 12 juin 2010 - Participants : 29 - Organisateurs : Béatrice CHOQUET-LOLL et André-Xavier HEINRICH, les deux enfants du pays -Au programme : 11 h 45: rendez-vous dans la cour de la Manufacture d'Impression sur Étoffes (MIE) – 15 h 00 : visite du magasin d'usine - 15 h 30 retour groupé vers le centre de la Cité, place de l'Hôtel-de-Ville – 16 h 15 : réception officielle à la Mairie avec vin d'honneur, suivie de la visite guidée du Musée – 17 h 30 : visite guidée du centre-ville historique, en direction de la Cave coopérative Martin ZAHN – 18 h 15 : réception à la Cave par MM. Yves et Raymond BALTENWECK (président et président-honoraire), rappel de l'historique de la Cave (la plus ancienne de France !) - visite guidée des imposantes installations, dégustations commentées, etc. – 19 h 15 : départ groupé en direction du restaurant "Au Relais des Ménétriers" -  repas gastronomique dans une ambiance très conviviale.
Au cours du repas, le Dr Pierre HAAS, président de la section invitante, adressa tout d'abord ses cordiales félicitations et ses très sincères remerciements aux deux organisateurs de la rencontre, salua ensuite la présence à cette sortie du Dr Jürgen ESSLINGER, co-président de France-Allemagne-Vétérinaire, et ne manqua pas de présenter les excuses du Dr Freiherr Edgar VON CRAMM, président (empêché) de la section badoise de l'Amicale ; il transmettra enfin à l'ensemble des participants les encouragements et les confratemelles salutations du Dr André DESBOIS, président de France-Allemagne-Vétérinaire.
Au cours d'une brève allocution, le Dr Urban BITZIGHOFER, de la section badoise, informa l'assemblée d'un projet de visite insolite quelque part en la bonne et belle ville de Fribourg-en-Brisgau, à l'occasion de la rencontre d'automne 2010.

Ribeauvillé en chiffres

Région Alsace - Département du Haut-Rhin - Chef-lieu d'arrondissement avec 4 cantons - Chef-lieu de canton avec 10 communes. Les habitants : Ribeauvilléens / Ratbaldovilléens (en français) Rappoltsweiler (en allemand) - Ràppschwihr (en alsacien). - Code postal = 68150 - Code RNSE = 68269  - Coordonnées = 48° 12' N, 7° 19' 0. - 5210 habitants (recensement 2009). - Densité de population = 153 habitants au km2. - Altitude = 188 à 992 m. Superfîcie totale = 3220 ha, 74 a, 13 ca comportant le domaine forestier et la surface agricole utile (SAU). Le domaine forestier comprend : 1023 ha de forêt communale (avec ¼ de feuillus et ¾ de résineux) et 1500 ha de forêt domaniale ; quant à la SAU, on lui reconnaît 321 ha de vignes AOC, 123 ha de terres labourables et 51 ha de surfaces enherbées. Le principal cours d'eau - le Strengbach, né à 950 m à proximité de la ferme Adelspach, entre Aubure et Sainte-Marie-aux-Mines - reçoit les ruisseaux du Lützelbach, du Muesbach, de l'Ibach et du Sylltal avant de se jeter dans la Fecht (affluent de l'Ill) au Sud de Guémar, après un trajet d'environ 25 km.
Signalons que la Communauté de Communes de Ribeauvillé est un regroupement de 16 communes qui compte 18.879 habitants au 1er janvier 2010 ; son siège se trouve à Ribeauvillé, 1 rue Pierre de Coubertin. Elle tire son origine de la transformation du SIVOM de Ribeauvillé et environs créé le 06/06/1967 en communauté de communes, le 01/06/1996.

Aperçu historique de la Cité des Ribeaupierre et des Ménétriers

1) La Cité des Ribeaupierre

Les trouvailles archéologiques sont multiples et variées dans la capitale des Rappolstein (= Ribeau Pierre) et dans ses environs ; rien d'étonnant à cela, la Cité étant érigée à l'entrée d'une vallée - celle du Strengbach - mais encore à proximité de l'antique voie nord-sud longeant le piémont vosgien fertile et ensoleillé, le long de laquelle se sont implantées des dizaines de cités au Moyen-Âge. D'aucuns admettent aujourd'hui les premières dénominations - en 759, 768 et 777 - de Ratbldo vilare / Ratbeldovilare et de Ratpoldesvilare en 896. Rappoltsweiler (allemand), plus tard francisé en Ribeauvillé sur le modèle de Ribeaupierre (= Rappolstein), apparaît au XIIe siècle sous la forme de Ratpoltsvilare. Les anciens soulignent que la première dénomination de Ratba(o)lsvilare devait pouvoir signifier "le domaine rural de Ratbald ou Ratpold" qui aurait été à l'origine du village et qui serait devenu le berceau de Ribeauvillé. L'imposante masse granitique qui se détache de la montagne et portant le nom de Saint-Ulrich, est le plus grand des trois châteaux : il prendra le nom allemand de Rappolstein, c'est-à-dire "le rocher de Ratbald ou de Ratpold".
Le nom de Ribeauvillé est intimement lié à celui de la célèbre lignée des chevaliers de Ribeaupierre. Ribeauvillé, d'abord simple village devient bientôt le centre de la Seigneurie des Ribeaupierre, forte de ses six communes et qui s'étendait depuis la rive droite de la Lièpvrette dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines (présence de minerai argenti et plombifere) sur toute la vallée arrière de Kaysersberg (= petite Seigneurie de Honack) jusqu'à la partie antérieure de la vallée de Munster.
Mais ce seront en fait "des étrangers" qui donneront au nom de la lignée sa grande renommée. Un chevalier (originaire du Wurtemberg) venu dans les rangs de la petite noblesse rhénane et accom-pagnant Frédéric Barberousse - Egenolphe d'Urslingen - va véritablement fonder la lignée des Ribeau-pierre en prenant pour épouse la fille et héritière de la première famille qui portait ce nom (1056). C'est sans doute sous le mandat de ce preux chevalier que se construisirent les trois châteaux sur la montagne : Saint-Ulrich ou Grand Ribeaupierre (520 m), Girsberg ou der Stein (530 m) et Hohrappolstein / Haut Ribeaupierre / Altenkastel (Altum castellum) (640 m). Les Seigneurs de Ribeaupierre sont alors une des familles les plus puissantes d'Alsace, et leur cité, Ribeauvillé - ville formée par quatre villages contigus - sera entourée de remparts entre 1284 et 1287 ; elle obtient le statut de ville peu après 1290. Marchés et foire font du lieu une ville renommée avec un artisanat très développé.
À l'époque de la Guerre des Paysans (1525), un quatrième château (aujourd'hui lycée) est construit par la famille des Ribeaupierre dans la partie haute de la ville, à l'intérieur des remparts ; ce château, doté de plans d'eaux, de jardins en terrasses, etc., recevra la visite du roi Louis XIV en 1673 (à l'occasion d'un de ses déplacements vers la forteresse de Neuf-Brisach) et celle du roi de Pologne Stanislas Leczinski en 1725 (lors de son voyage à Paris, auprès du roi Louis XV).
Rappelons enfin que la lignée des Ribeaupierre s'éteignit en 1673 (avec la mort du comte Jean-Jacques de Ribeaupierre / 1598 - 1673) mais leurs successeurs, les comtes palatins de Bischwiller-Birkenfeld d'abord puis les ducs des Deux-Ponts (Zwei-Brücken) gardèrent la main sur l'ancienne seigneurie jusqu'à la Révolution. En 1801, Napoléon Bonaparte nomma Maximilien 11, duc des Deux-Ponts, roi de Bavière.

2) Les Ménétriers

Essentiellement amuseurs publics, pantomimes et joueurs (ambulants) d'instruments à vent et à cordes, les Ménétriers étaient considérés durant tout le Moyen-Âge par les autorités religieuses comme les pourvoyeurs de l'enfer et devaient, de ce fait, se résoudre à vivre en marge de la société.
Appréciés de la population parce qu'animant aussi bien les fêtes publiques, les fêtes de famille (baptêmes, mariages etc.) que les auberges, les musiciens professionnels qu'étaient les Méntriers - des professionnels exerçant donc leur talent dans un but lucratif - ne disposaient cependant d'aucun droit, pas plus que leurs familles.
À la fin du XIVe siècle, les autorités, pour refreiner leurs débordements, vont les organiser en confréries pieuses et leur imposer des statuts.
En Alsace, le pouvoir de justice sur ces musiciens répartis sur un territoire allant de Wissembourg au Jura suisse, voire même au-delà de la rive droite du Rhin fut donné au Seigneur de Ribeaupierre dès 1390. Celui-ci prit l'habitude de déléguer son autorité à un Roi des Ménétriers ou Pfifferkenig qui lui prêtait serment et administrait les intérêts de la confrérie.
Chaque année - le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge - les Ménétriers devaient se rendre à Ribeauvillé. Là, ils honoraient Notre-Dame de Dusenbach dont le pèlerinage n'est distant que d'une demie-lieue de la ville ; ils célébraient les Sires de Ribeaupierre, leurs bienfaiteurs, et achetaient leur patente annuelle sans laquelle ils ne pouvaient pas exercer leur art. De château en bourgade, les Ménétriers animaient ainsi les riches heures de l'Alsace médiévale.

Il n'est donc que justice d'évoquer leur souvenir chaque année, à la fin de l'été, à Ribeauvillé, dans le cadre d'une grande fête populaire - la fête des Ménétriers ou Pfifferdàj - où on leur rend hommage en mémoire de leurs protecteurs, les Sires de Ribeaupierre.
 
Si l'occasion voudrait que vous séjourniez à Ribeauvillé, ne serait-ce que temporairement, n'hésitez-pas à visiter l'un ou l'autre des trois sites décrits ci-après :

1) La Manufacture d'Impression sur Étoffes (MIE) située 19 route de Sainte-Marie-aux-Mines, créée en 1839 par l'industriel Charles-Emile STEINER en succession à Philippe STEFFAN (1756)... et devenue BEAUVILLÉ en 1980, constitue le fleuron de l'industrie textile alsacienne et son ambassa-deur connu et reconnu. BEAUVILLÉ fabrique, expose à la vente (directe) et exporte le luxe et l'art de vivre français. La teinturerie au Rouge Andrinople, matière colorante importée de Turquie via l'Angleterre, en fera une manufacture prestigieuse. L'impression à la planche, artisanale et très couteuse, a été peu à peu supplantée par l'impression au rouleau, puis au cadre main et au cadre mécanique, ces deux derniers procédés constituant aujourd'hui la plus importante activité. L'entreprise compte actuellement 150 employés.


         

À gauche, l'Hôtel de Ville de Ribeauvillé - À droite le Musée d'Impressions sur Étoffes

2) L'Hôtel-de-Ville et sa collection de hanaps. Il est situé au centre de la Cité, à proximité de la Tour des Bouchers et de l'ancienne église des Augustins (Couvent). Au premier étage de ce bâtiment daté de 1773, à côté de la Salle Rouge (ainsi nommée à cause de ses tapisseries au Rouge Andrinople des Ets STEINER) se trouve le Musée de la Ville où sont conservées, dans une chambre forte vitrée, les pièces d'orfèvrerie prestigieuses offertes en remerciements par les Seigneurs de Ribeaupierre au Magistrat de la Ville vers la fin de la Guerre de Trente Ans (1639). Coulés dans un argent massif doré (vermeil) provenant des mines seigneuriales de Sainte-Marie-aux-Mines, ils sont I'œuvre de plusieurs orfevres. Un véritable trésor !

3) La Cave coopérative Martin ZAHN de Ribeauvillé - 2 route de Colmar (à l'entrée est de la ville). Depuis les temps les plus reculés, la vigne a été présente à Ribeauvillé. Les Sires de Ribeaupierre, utilement secondés par les moines bénédictins de l'ancien prieuré Saint-Morand (dont un certain Martin ZAHN) se sont chargés de mettre en valeur ce patrimoine naturel exceptionnel que constitue le sous-sol et les conditions d'exposition des parcelles au soleil, sur les contreforts vosgiens, si particuliers à Ribeauvillé.
En 1895 - la crise sévissant en Alsace annexée au Reich allemand - le vignoble de Ribeauvillé a connu une douloureuse restructuration. C'est alors que quelques vignerons décidèrent de se réunir en une coopérative sur le modèle préconisé par le théoricien allemand, Frédéric RAIFFEISEN, aux idées généreuses et avant-gardistes. Rappoldsweiler Winzerverein, tel est le premier nom de cette coopérative vinicole qui sera en fait la première cave vinicole sur le territoire alsacien… et en France.
Le principe de l'apport total de la récolte fut adopté à l'unanimité : en échange, les membres coopérateurs recevaient une rémunération juste et équitable. Malgré les vicissitudes de l'Histoire, particulièrement mouvementée dans ce coin de la Douce France, c'est toujours le même esprit qui règne à la Cave de Ribeauvillé. Les générations se sont suivies, les présidents se sont succédé, les millésimes aussi… mais toujours a prévalu l'esprit de solidarité qui a animé la fondation de cette cave coopérative.
La cave fédère aujourd'hui 40 vignerons sur un domaine exceptionnel de 263 ha - dont les 124 ares du Clos Zahnacker (en français : le champ de ZAHN) acquis par la Cave en 1965 et dont les cépages fournissent un vin d'exception - ces 261 ha couvrant les plus beaux terroirs d'Alsace répartis sur cinq communes et sur lesquels les vignerons coopérateurs produisent 10 Gands Crus sur les 51 que compte à présent l'Alsace vinicole.

André-Xavier HEINRICH

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