Avant-propos / L'appel fondateur / Infos / Statuts / Bureau 2017 / Université d'été franco-allemandeStages 2017 / Journées annuellesFDV 40 ans / Jumelages / Echanges d'enfants/ Bade-Alsace / Témoignages /Actualités / vers l'avenir ! / liens /e-mail





Amicale Vétérinaire Alsace-Bade

Badisch-Elsässische Tierärztevereinigung

Les Origines

L'Amicale Vétérinaire Bade-Alsace (AVAB) est une section de l'Association France-Allemagne Vétérinaire (FAV) / JORF du 22 juin 1974; elle est née de la farouche volonté de deux confrères, européens dans l'âme, les docteurs André DESBOIS à F-Seurre & Horst HAGENLOCHER à D-Eutingen.

Lors de cette création, les deux initiateurs ont pu compter sur l'appui de nombreux confrères alsaciens et badois animés du rejet de tout esprit de ressentiment et conscients de la nécessité de s'engager -dans le cadre de relations professionnelles, personnelles et amicales- dans la voie de la compréhension réciproque, du contact et du dialogue, le Rhin ne devant plus être considéré comme une frontière mais bien comme un solide trait d'union entre les deux peuples.

La fondation officielle de l'AVAB a eu lieu le 9 octobre 1976 à Baden-Baden (D). L'AVAB fonctionne sous l'égide d'un règlement intérieur dont les grandes lignes se rapprochent des statuts de l'organisation-mère. Des rencontres entre les sections alsacienne et badoise sont organisées deux fois par an, en alternance, en Alsace et dans le pays de Bade. Une disposition propre à la section alsacienne de l'AVAB : l'allocation d'une bourse à un étudiant vétérinaire alsacien s'engageant à effectuer un stage dans une unité d'enseignement vétérinaire en République Fédérale d'Allemagne.  

L'actuel président de la section alsacienne (et co-président) de l'AVAB est le Dr Pierre HAAS, président-délégué de FAV. 



LES RENCONTRES

Printemps 2005 : Pays de Bade

Automne 2005 : Haut-Rhin

Printemps 2006 : Région d'Obernai

Automne 2006 : Baden-Baden

Printemps 2007 : Lahr

Automne 2008 : Le Taubergiessen

Printemps 2009 : Fribourg-en-Brisgau

Printemps 2010 : Ribeauvillé

Automne 2010 : Fribourg-en-Brisgau

Automne 2011 : Centre-Alsace, région de Sélestat

Automne 2013 : Gunsbach

Printemps 2014 : Weil am Rhein

Automne 2014 : Zell-Weirbach

Printemps 2015 : Pechelbronn-Morsbronn-Woerth

Automne 2015 : Hartmannswillerkopf

Automne 2016 : 
St. Peter et St. Märgen en Forêt Noire

Printemps 2017 : hôpital civil de Strasbourg


 
Rencontre de printemps à Strasbourg le samedi 13 novembre 2017

Nous nous étions donnés rendez-vous entre confrères alsaciens et badois accompagnés de leurs conjoints à 14 h 30 devant la porte de l’hôpital civil de Strasbourg.
La Pharmacie historique de l’hôpital, que nous allions visiter, est située à 50 m derrière cette porte, et le professeur Maurice Leize, doyen de la Faculté dentaire, notre hôte et guide, était déjà prêt à nous accueillir dans son nouveau Musée des instruments chirurgicaux qu’il a installé récemment dans les murs historiques de l’Ancienne Pharmacie datant du XVIe siècle, avec l’aide de son épouse, elle-même docteur en chirurgie dentaire, Mme Lallemand, ancienne infirmière et M. Holderbach, ingénieur spécialisé en radiologie, tous présents pour nous faire visiter les salles qu’ils ont repeintes et les riches présentoirs d’instruments, instruments qu’ils ont eux-mêmes remis en état, voire dérouillés, afin de mettre tout ce patrimoine exceptionnel en valeur. Toute cette collection avait eu l’honneur d’être le sujet d’une exposition récente à la salle des fêtes de l’hôpital civil puis au Musée d’Art Moderne.

Le professeur Leize, après un mot d’introduction, nous a répartis en quatre groupes d’une dizaine de personnes et nous avons parcouru de façon alternée les différentes salles présentant les anciens livres de Médecine, les instruments obstétricaux qui nous ont très impressionnés - en particulier  l’une d’entre nous, ancienne sage-femme - certains de ces instruments (forceps, etc.) datant du XVIIe siècle, sachant que la première école de sages-femmes a été fondée à Strasbourg en 1728 par Jean-Jacques Fried qui a récidivé ensuite à Saint-Pétersbourg ! Tous ces instruments avaient été fabriqués à Strasbourg même. Dans une autre salle nous avons découvert des instruments d’ophtalmologie ; là encore, c’est à Strasbourg que cette spécialité a vu le jour ! Et que dire des instruments d’amputation qui ont aussi servi sur les champs de bataille... Puis une autre salle encore dédiée aux premiers appareils de radiologie et encore la fameuse Salle des Sirops, meublée de ses extraordinaires appareils de réduction, salle protégée par une inscription aux Monuments Historiques.


 

Vue panoramique de l'ancienne pharmacie de l'hôpital civil (cliché CHRU – Strasbourg)

Notre consœur et amie Joëlle Wermuth nous avait préparé avec l’aide de son mari Jean-Paul, en pleine rue devant la pharmacie (il faut dire que l’hôpital est une vraie ville dans la ville, moins la circulation le samedi après-midi), une table chargée de bouteilles de jus de fruits et de crémant d’Alsace accompagnés de délicieux kougelhopfs, moment de convivialité avec nos hôtes du jour, puisque le professeur Jean-Marie Le Minor est venu participer à ce sympathique moment de détente avant de nous faire visiter son Institut d’anatomie voisin, mondialement connu. Le professeur Le Minor nous a installés comme ses étudiants dans son amphithéâtre et nous a expliqué à l’aide de diapositives sa conception très moderne de l’enseignement de l’anatomie. Il a souligné les liens qu’il avait tissés en anatomie comparée avec le professeur Robert Barone de l’École Vétérinaire de Lyon, connu dans le monde entier pour ses travaux, puis nous a montré des clichés historiques, en particulier la première planche d’anatomie humaine imprimée au monde à Strasbourg en 1497, et la première dissection officielle et publique d’un homme, dans notre ville.

La guerre de 1870 a bouleversé la donne et il a fallu reconstruire Strasbourg largement bombardée pendant le siège. C’est ainsi qu’en 1877 fut inauguré le nouvel et toujours actuel prestigieux Institut d’Anatomie ; à titre anecdotique, signalons qu'Albert Schweitzer, le prix Nobel alsacien de la paix, déjà docteur en théologie quand il a commencé ses études de médecine, n’était pas assis parmi les autres étudiants sur un banc de l’amphithéâtre, mais dans un fauteuil installé devant, près de l’entrée.



L'Institut d'anatomie peu après son inauguration (coll. part)


En 1879 les meilleurs professeurs d’Allemagne enseignaient à la Faculté de Médecine, et en 1919, quand l’Alsace fut redevenue française, vinrent les meilleurs professeurs français. Mais en 1941, parmi les nouveaux enseignants chercheurs vint le sinistre Professeur Hirt qui fit gazer au camp de concentration du Struthof en Alsace 130 prisonniers juifs venus du camp d’Auschwitz, pour créer la collection de squelettes juifs dite du professeur Hirt, afin de tenter de créer une représentation anthropologique de la prétendue infériorité raciale de race juive ; cet acte d’une dimension criminelle immense et compliquée s’est soldée par le suicide de Himmler et de Hirt.


Concernant les dissections, il y eut des échanges nombreux sur les pratiques actuelles devenues plutôt rares selon Pr Le Minor ; en particulier, le don de son corps à la science est devenu plus difficile car la famille doit payer comme s’il s’agissait d’un enterrement classique ; de plus, l’utilisation des corps des détenus morts en prison ou des malades sans famille décédés à l’hôpital est maintenant interdite. D’où une pénurie des corps.


Nous avons ensuite visité l’exceptionnelle collection d’organes conservés dans des bocaux à l’intérieur de vitrines ; elle sert en premier lieu à l’enseignement mais aussi à la recherche, des cher-cheurs du monde entier se déplaçant pour venir l’étudier. À l’étage supérieur, nous avons pu admirer l’exposition d’un ensemble impressionnant de squelettes de mammifères soit terrestres, dont un tigre, un cheval et un dromadaire, soit marins, dont une baleine à bosse (complète mais présentée en pièces détachées par manque de place) et un dugong, espèce de sirénien apparenté au lamentin, de grande taille, et encore le surprenant squelette en spirale d’un python.

En soirée nous nous sommes tous retrouvés à la Brasserie des Haras aménagée dans les anciens Haras de Strasbourg - où certains d’entre nous ont peut-être pu soigner des étalons dans leur jeunesse - dans une ambiance très amicale et avec un discours de bienvenue traduit avec beaucoup de talent par notre doctorante Esther Müller, suivi de la dégustation d’un menu de saison, repas durant lequel nous avons continué à célébrer l’amitié franco-allemande entre confrères alsaciens et badois.

Un grand merci à notre ami et confrère Philippe Choquet qui a organisé avec compétence et dévouement les visites à l’intérieur des hospices civils. Étant lui-même maître de conférences des Universités et praticien hospitalier, il a pu, grâce à ses contacts sur place, imaginer et mettre en place à notre intention les deux prestigieuses visites du Musée des instruments et de l’Institut d’anatomie, visites dont l’intérêt a été grandement apprécié par les quarante participants !

Pierre HAAS



FERMER