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JOURNÉES FDV 2016 : TROYES  5 - 8  mai


Les traditionnelles journées du "Pont de l'Ascension" de France-Allemagne-Vétérinaire se sont tenues, cette année, dans la magnifique ville de Troyes, en Champagne. L'organisation ayant été confiée aux vétérinaires français, notre confrère Guy Pierson s'était chargé de la mise au point du programme, secondé efficacement par les deux trésoriers de notre association, Stephen et Michèle Guyet, ainsi que par son secrétaire général, Philippe Virat. La centaine de participants, dont une majorité d'allemands et quinze étudiants, se sont retrouvés le jeudi 5 mai au soir à l'hôtel Ibis Troyes Centre, en bordure de la ville, et ont fêté joyeusement, au champagne comme il se doit, leurs retrouvailles dans un restaurant voisin.

La ville de Troyes est bâtie à l'emplacement d'une forteresse gauloise, la cité des Tricasses, qui a donné son nom à la ville.

La journée du vendredi 6 mai fut consacrée à la visite guidée du centre-ville de Troyes, quartier historique regorgeant de vieilles rues pavées, aux charmantes maisons à pans de bois, dont la charpente est faite en poutres de chêne provenant des forêts voisines. Le remplissage entre ces pièces de bois, c'est le hourdage  (ou hourdis) sorte de torchis initialement composé d'argile, de sable, de chaux, de paille, de crin de cheval et autres matériaux maintenus en place par un lattis cloué sur la face interne du pan de bois. La brique fut aussi employée pour remplir cet espace entre les poutres de bois.

                    
                                                              
         
Trois beaux exemples de maisons à pans de bois : de gauche à droite, la tourelle de l'Orfevre,  la maison du Boulanger et la cour du Mortier d'or (clichés P.V.)

Au Moyen Âge, Troyes comptait deux quartiers distincts : la cité (dans la "tête du bouchon", Troyes ayant à l'époque la forme d'un bouchon de champagne), centre aristocratique et ecclésiastique autour de la cathédrale, et le bourg (dans le "corps du bouchon") où se tenaient les foires de Champagne.

Après avoir contemplé et admiré la maison du Boulanger, la tourelle de l’Orfèvre, l’hôtel Juvénal des Ursins, puis cheminé dans la ruelle des chats et la cour du Mortier d'or, les participants se sont retrouvés, en fin de matinée, dans la plus ancienne église de Troyes, l'église Sainte-Madeleine. Son chevet est orné de grandes verrières Renaissance aux coloris éclatants. L'attention est rapidement attirée par le somptueux jubé de pierre, de style gothique flamboyant, dont la construction demanda huit années. La visite se poursuivit par la découverte du jardin des "innocents" où étaient enterrés les nouveau-nés non baptisés.

                                                  

À gauche, le jubé de Sainte-Madeleine. À droite, détail d'un vitrail montrant l'entrée l'entrée de Jésus à Jerusalem (clichés P.V.)

Après le déjeuner,  notre guide nous fit découvrir, en début d'après-midi, la remarquable cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, de style gothique également. Des deux tours prévues, une seule fut terminée au XVIIe siècle. Cet édifice est impressionnant par sa façade très ouvragée, ses dimensions, la richesse de sa décoration, la beauté de sa nef et, surtout, par ses hauts vitraux du XIIIe siècle aux coloris intenses. Le département de l'Aube est, d'ailleurs, le département de France qui possède la plus grande surface de vitraux de la fin du XVe et du XVIe siècle en France (9000 m2). Avant de quitter la cathédrale, une brève, mais captivante visite du trésor, exposé dans une salle voûtée du XIIIe siècle, nous permit de contempler coffrets d’ivoire, émaux, psautier dit du Comte Henri, châsse de saint Bernard avec fragments reconstitués de son crâne...


Facade de la cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul, avec son unique tour (cliché P.V.)

Un peu de temps libre permit à chacun d'approfondir la visite du quartier ancien, de se promener le long des bassins ou de "faire un saut" jusqu'aux fameux "magasins d'usine". Un dîner à l'hôtel Ibis clôtura cette belle journée culturelle, sous un soleil éclatant.

La matinée du samedi 7 mai s'est déroulée dans plusieurs salles du Conseil de l'Hôtel de ville de Troyes, mises à notre disposition par la municipalité. Dans un premier temps, les deux assemblées générales (française et allemande) de l'association furent organisées dans deux salles différentes : celle des vétérinaires français fut présidée par Pierre Haas, Président délégué, représentant le Président fondateur, André Desbois, retenu à Seurre par des problèmes de santé. Cette absence du "père" des relations vétérinaires franco-allemandes fut unanimement déplorée par l'ensemble des participants.   
Après avoir évoqué la mémoire de Marie-Jo, épouse de notre confrère et membre fidèle Hans Blondeau et de notre confrère François Mathot, récemment disparus, Pierre Haas donna lecture d'une longue lettre d'André Desbois retraçant l'historique et l'évolution de notre association.
Le secrétaire général Philippe Virat déroula ensuite son rapport d'activité pour 2015 et souligna en particulier la parfaite réussite des journées de Kusel qui se sont tenues du 14 au 17 mai 2015. Ce rapport  d'activité fut adopté à l'unanimité. Philippe Virat proposa de coopter au sein du Conseil, les deux jeunes diplômées Julie Antoine (Giessen) et Marie-Laure Lyon (Leipzig), présentes à l'AG : adoption à l'unanimité. Voilà du "sang neuf" pour l'avenir.
Les trésoriers Michèle et Stephen Guyet présentèrent les comptes 2015. Les rencontres de Kusel se sont soldées par un chiffre positif de 377,63 €. Quant au budget FDV 2015, les recettes ayant été de 1270 € et les dépenses de 1286,92 €, la perte pour  l'exercice n'a été que de 16,92 €. La situation financière de notre association est toujours bonne car le livret association 2015 présente un solde positif de 18216,40 € au 30 décembre 2015. Les rapports des trésoriers furent adoptés à l'unanimité.
Stephen Guyet, après 30 ans de "bons et loyaux services" comme trésorier, ayant souhaité passer la main, fut élu à l'unanimité co-président de notre association pour un an. Il sera assisté puis remplacé au poste de trésorier par notre consoeur Catherine Hervé, également pour un an.
En fin d'AG, le Pr Hoffmann est venu nous informer du déroulement de la prochaine université d'été franco-allemande vétérinaire ("french german school") qui se déroulera à Hanovre du 1er au 12 août. Le programme vous en a été exposé dans la précédentre lettre. Sont inscrits 7 édudiant(e)s français(e)s, une huitième voyant ses frais d'inscription exceptionnellement pris en charge par FDV (post-doctorante et n'étant plus à l'école d'Alfort, celle-ci n'a pas souhaité en effectuer le règlement).

Une conférence scientifique succéda aux assemblées générales. Elle avait pour thème La problématique du retour du loup dans l'Est de la France. Successivement intervinrent le docteur-vétérinaire Catherine Lhote, chef du service nature de la Direction régionale de l'environnement, et le capitaine Thierry Migout, Directeur départemental de l' Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.    
Madame Lhote évoqua dans le détail les éléments de biologie et d'écologie du loup dont il existe quatre phénotypes en Europe et dont la population est en hausse. Celle-ci est estimée à 282 animaux en France sur 366 communes dans 35 départements. Le loup, à activité surtout nocturne, en toute saison, est un redoutable et imprévisible prédateur. 9000 moutons auraient été attaqués en 2015.  L'animal peut effectuer de très grandes distances chaque jour (certains ont parcouru de 800 à 3000 km en 6 mois). L'accouplement a lieu généralement en janvier. La gestation dure 60 jours. 60 à 80% des adultes survivent d'une année sur l'autre. Les meutes sont d'effectif modeste (4 à 10 loups). Cette espèce, qui fait l'objet de quatre suivis (hivernal, estival, annuel, génétique),est ubiquiste et s'est installée en France en 1992 à partir du Mercantour ; elle est de retour dans l'Aube depuis le 18 juin 2012. Le réseau observateur du loup concerne en France 2000 personnes.
Thierry Migout nous fit part des relations parfois difficiles avec les éleveurs au sujet de cette prédation car les chiens errants tueraient trois fois plus de moutons que les loups. La fiche "réflexe" qu'ils doivent remplir nécessite un faisceau de critères. En 2013, les dédommagements ont atteint 50.000 €
Notre confrère Guy Pierson nous rapporta l'expérience d'un éleveur dont le troupeau fut particulièrement touché par ce prédateur imprévisible et rusé, opportuniste et probablement observateur en permanence de l'activité humaine.

                                       
                    


Pendant la conférence scientifique suivie par les vétérinaires français et allemands, les accompagnants visitaient le musée d’Art moderne aménagé dans les bâtiments de l’ancien palais épiscopal. Les collections comprennent 388 peintures, 1277 dessins, 104 sculptures et des verreries. Elles sont particulièrement riches en œuvres des peintres fauves. Un nombre très important provient de la donation, en 1976, de Pierre et Denise Lévy, riches industriels troyens.

L’ensemble des participants se sont ensuite retrouvés dans la grande salle du Conseil de l’Hôtel de ville pour une réception donnée par le premier adjoint au maire, Monsieur Marc Sebeyran, le maire, François Baroin étant absent de Troyes ce jour-là. Après l’allocution du premier adjoint et des présidents, un copieux cocktail "déjeunatoire", arrosé bien entendu au champagne, fut servi aux congressistes.

Ceux-ci se dirigèrent ensuite, grâce à deux cars affrétés, vers l’abbaye de Clairvaux pour une visite guidée. L’abbaye fut l’un des hauts lieux de la spiritualité médiévale, dans le Val d’Absinthe, que Bernard de Fontaine choisit pour implanter en 1115 une de ses quatre "filles majeures" de l’ordre cistercien. Profondément mystique et organisateur efficace, Bernard incarne la réforme cistercienne qui se veut d’une fidélité intransigeante aux principes de saint Benoît (prière et travail) alors que les bénédictins de Cluny acceptent, selon lui, des accommodements avec la Règle.

Le bâtiment des convers (1140-1160) est le seul qui subsiste du Clairvaux des origines. Il est composé d’un cellier semi-enterré, d’un réfectoire et d’un dortoir de 80 mètres de long où dormaient 800 convers. L’architecture, magnifique, correspond aux principes bernardins. La restauration de ce bâtiment a été terminée en 2013.



Le réfectoire des Convers (cliché Léon Noël)


 La visite des salles désaffectées du centre pénitentiaire de Clairvaux, créé en 1804 dans l’enceinte de l’abbaye, à l’instar du Mont Saint-Michel ou de l’abbaye de Fontevraud, a fait froid dans le dos des participants, surtout lors de leur passage dans la salle des "cages à poules" où les condamnés étaient enfermés, derrière de lourdes portes grillagées, dans de minuscules espaces.La centrale, encore en activité tout à côté, construite dans les années 1960, devrait incessamment être détruite, en raison de son état avancé de vétusté.




Les "cages à poules",  en références aux cellules des prostituées de la prison Saint-Lazare à Paris
(cliché "Clairvaux 2015")


Toujours en car, les congressistes se rendirent ensuite à la cave de champagne Monial, à Colombé-le-Sec où ils furent accueillis et accompagnés pendant toute la dégustation par un remarquable concert des trompes de chasse du Grand Cernay auquel participèrent onze sonneurs dans une ambiance d’allégresse générale. Les participants purent également descendre dans le remarquable "cellier aux moines" voûté du XIIe siècle.

                              

Les participants furent enthousiasmés par les trompes du Grand Cernay, avant de descendre dans les profondeurs du Cellier aux Moines
(clichés P.V.)

C’est au restaurant le "Val Moret", à Magnant, à environ 40 km de Troyes, qu’eut lieu le dîner de gala. Cette joyeuse soirée se termina, selon la tradition, en chansons entonnées, d’une part par le chœur des étudiants et, d’autre part, par l’assistance toute entière,  sans oublier le "Bourgelat" et  l’Hymne à la joie.

En conclusion, les journées FDV 2016 furent un véritable succès dû, en particulier, à la parfaite organisation à laquelle contribuèrent largement nos confrères Guy Pierson, Stephen et Michèle Guyet, et Philippe Virat.


 
Le groupe FDV devant l'Hôtel de Ville de Troyes (cliché J. F.)


Les prochaines journées de notre association se tiendront du 25 au 28 mai 2017, en Allemagne, à Münster, ville de Rhénanie-Westphalie de 288 000 habitants dont 60 000 étudiants, réputée comme étant la "capitale de la bicyclette".
                                       
Pierre ROYER

 




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