TEMOIGNAGES
Je m'appelle Nicolas Muller et je suis actuellement encore étudiant
à l'Ecole Vétérinaire de Nantes. Comme mon nom l'indique, je suis
alsacien et j'ai, depuis mon enfance, baigné dans les cultures
germanique et française. Dans le cadre du jumelage Nantes-Gießen,
j'ai eu l'occasion de rencontrer et de m'entretenir avec des étudiants
allemands. Mais l'invitation de France-Allemagne Vétérinaire qui
s'adresse chaque année à un ou deux étudiants des unités d'ensei-gnement
vétérinaire jumelées m'a permis de rencontrer des vétérinaires
en exercice avec lesquels j'ai pu discuter de leur vie professionnelle,
des différentes formations qu'ils ont connues ou suivies dans
leur pays respectif.
En plus de m'avoir permis de visiter Trêves, j'ai pu nouer des
contacts avec des praticiens allemands qui m'ont invité à effectuer
un stage dans leur clinique. Je pense que cette rencontre annuelle
France-Allemagne Vétérinaire est une chance pour les étudiants
de se confronter au point de vue de leurs aînés.
Et nous avons apprécié l'esprit de grande amitié qui règne entre
les membres français et allemands. Chers camarades étudiants,
renseignez-vous, et merci à FDV pour ces belles rencontres de
Nancy en 2004 et de Trêves en 2005.
Nicolas MULLER - ENVN
Je m'appelle Jessica Eble et je suis née le 16 juin 1984 à Strasbourg.
Ce fut pour moi une chance avant tout d'avoir un père allemand
et une mère française. A Strasbourg il y la possibilité de fréquenter
une école internationale et de faire un diplôme franco-allemand.
En 2002 j'ai passé mon baccalauréat S, option allemand (Abitur).
Cet Abitur m'a permis de commencer mes études de médecine vétérinaire
à la faculté de Gießen en octobre 2002. Grâce au programme Erasmus
j'ai pu faire mon sixième semestre à l'école vétérinaire de Nantes.
C'est très important pour moi de pouvoir étudier dans les deux
pays, car je me sens attirée aussi bien par la France que par
l'Allemagne.
Le Pr Leiser, de Gießen, a attiré mon attention sur France-Allemagne
Vétérinaire, en me disant que ce serait pour moi une occasion
de communiquer avec d'autres étudiants et vétéri-naires et de
nouer de nouvelles amitiés. C'est ainsi que l'an dernier j'ai
fait la connaissance de ma mère de clinique, c'est-à-dire l'étudiante
de Nantes qui me dirige en clinique.
Je voudrais ici, auprès de tous les membres de FDV à l'occasion
de cette rencontre qui m'a permis de connaître Trêves, exprimer
mes sincères et profonds remerciements.
Jessica EBLE - ENVN
Je m'appelle Aude Buchet, j'ai 20 ans et depuis octobre 2005 je
suis étudiante à l'école vétérinaire de Hanovre. Jusque là rien
de bien spécial. Mais j'ai oublié de préciser : je suis française
et n'ai strictement aucune origine allemande (du moins pas que
je sache !). Déjà, là, mon cas devient un peu plus intéressant,
n'est-ce-pas ? Alors si vous avez 5 minutes je vais vous expliquer
mon long parcours jusqu'à Hanovre !
En classe de troisième un super « prof » d'allemand m'a soudainement
réconciliée avec cette langue que j'avais jusque-là en horreur.
Fin de la 3ème, je n'avais qu'une idée en tête : trouver une correspondante
et faire un échange pendant les grandes vacances, histoire de
pratiquer mon nouveau hobby, l'allemand. Mais là : désespoir !
La lutte s'annonce mal. Après 150 coups de téléphone et un million
de lettres, toujours rien ! Pas la moindre correspondante à l'horizon
!
Jusqu'au jour où, miracle, mon grand père me téléphone : il a
appris dans un journal vétérinaire l'existence d'une association
franco-allemande vétérinaire et s'est mis en contact. C'est ainsi
que j'ai fait la connaissance du Dr Desbois, président de l'association,
et de Susanne, MA correspondante bavaroise.
Susanne a mon âge, c'est une fille adorable, super spontanée,
qui adore la France et parle le français à merveille. Nous nous
entendons tout de suite comme des soeurs (ce que nous sommes devenues
d'ailleurs) et nous passons tous les ans 4 mois ensemble, 2 chez
elle, 2 chez moi. Nous avons vécu ensemble de nombreuses aventures,
plus ou moins agréables ; mais que je n'évoquerai pas car la liste
est vraiment très très très longue. Je dirai juste que je garde
un souvenir formidable de toutes nos expériences et que j'ai vécu
chez elle de très bon moments, notamment dans la clinique vétérinaire
de son père. Je ne remercierai jamais assez le Dr Desbois du fond
du coeur de m'avoir permis de faire la connaissance de Susanne.
Enfin, après le bac, Susanne a commencé une fac de sciences politiques
et moi j'ai pris le chemin de la prépa véto.
Au début de ma deuxième année, j'ai commencé à me renseigner sur
les écoles vétérinaires en Allemagne car je voulais faire ces
études, mais aussi parler des langues étrangères, et surtout l'allemand.
De plus, une réforme du système (fusion prépa agro et véto) a
fait diminuer de moitié le nombre de places au concours en France,
de quoi vous décourager encore plus de la prépa. L'Allemagne était
donc une solution optimale. J'ai fait un voyage de deux semaines
Outre-Rhin en février, afin de me remettre à l'allemand, car en
prépa, j'ai mis les langues de coté. Une semaine chez Susanne
(grâce à qui j'ai aussi rencontré mon copain, qui m'est une aide
précieuse en Allemagne, un véritable soutien et une motivation),
une semaine chez Ralph... Ah oui ! J'ai failli oublier Ralph !
J'ai aussi reçu son adresse par le Dr Desbois : ses parents sont
vétérinaires tous les deux, et c'est un garçon sympa et très drôle.
Nous nous écrivons régulièrement.
Ensuite j'ai commencé à vraiment prendre au sérieux la possibilité
d'étudier en Allemagne, j'ai passé des coups de fil, reçu des
lettres, pris des contacts (là encore le Dr desbois et l'association
m'ont été d'un grand secours), j'ai lu des monceaux de papiers
administratifs en allemand, entrepris les démarches nécessaires
(je me suis inscrite au test DAF (test qui évalue votre niveau
d'allemand et permet, quand on le réussit, d'étudier en allemagne
comme un étudiant allemand), que j'ai passé avec succès. J'ai
envoyé mon dossier avec mes notes de bac à la ZVS. Et j'ai attendu,
ne voulant pas recommencer une année de prépa, mais bien décidée
à faire des études véto. Ne sachant pas ce que donnerait l'Allemagne,
j'ai aussi passé le concours en Belgique, j'ai réussi et j'ai
commencé mes études là-bas, jusqu'à ce que la bonne nouvelle arrive
enfin (fin septembre) : j'avais franchi le numerus clausus allemand et obtenu une place à l'école vétérinaire de Hanovre.
Voilà ! depuis, je suis à Hanovre, immigrée française, ce qui
en réalité n'est pas toujours aussi facile qu'on se l'imagine.
L'Allemagne est en réalité très différente de la France et à long
terme de nombreuses petites choses finissent par vous manquer
: un délicieux Paris-Brest ou un éclair, les fromages, la nouvelle
chanson de Raphaël, une bibliothèque remplie de livres français,
bref pleins de détails auxquels je n'aurais pas pensé avant. Cela
dit, je ne crois pas que je pourrais vivre sans l'allemand, j'adore
les bretzels, les knödels, mon école, ma ville... Bref si mon
parcours a été long et difficile, j'ai aujourdhui tout ce qu'il
faut pour être heureuse !
Aude BUCHET